Thrice - To Be Everywhere Is To Be Nowhere

Thrice - To Be Everywhere Is To Be Nowhere
 

Thrice effectue son retour, quatre ans après avoir annoncé faire une pause. To Be Everywhere Is To Be Nowhere sort ce vendredi.

Lorsqu'un groupe annonce une pause, qu'elle qu'en soit la raison, c'est tout une fan base qui se retrouve dans le doute. Est-ce une fin déguisée ? Vont-ils revenir ? Si oui, pour autre chose qu'une tournée d'adieu et la sortie de b-sides ? Ainsi ont pensé de nombreux fans de Thrice lorsque leur groupe préféré mettait ses activités en pause en 2012. A l'origine de la coupure, le chanteur Dustin Kensrue, qui invoquait avoir besoin de faire une coupure d'avec le groupe afin de reprendre son souffle, après plus de dix années passées à s'investir dans le groupe. Au programme pour lui, s'occuper de sa famille, déménager, et mieux repartir. Quand aux autres, ils ont tous vaqué à d'autres occupations musicales. Kensrue lui-même a sorti deux albums solo de louange, preuve si nécessaire que la musique lui tenait toujours à coeur.

La pause aura duré quatre années, et voici qu'arrive To Be Everywhere Is To Be Nowhere, le neuvième album du groupe californien. Et en l'écoutant pour la première fois, on a l'impression que la pause n'a pas existé. Que ces quatre années n'étaient qu'une illusion, et que le groupe a composé cet album comme s'il était toujours en 2012, tant il sonne comme du Thrice, du moins le Thrice qui a sorti Major/Minor l'année auparavant. Puis après une autre écoute, un peu comme The Alchimy Index. Puis plus on l'écoute, on se rend compte qu'il ressemble un peu à chaque album du groupe, et finalement à aucun, tant il est différent. Tant il est, en fait, meilleur que tous les autres.

Il aura suffit d'un seul titre, Hurricane, le premier de l'album, pour se rappeler que le post-hardcore a pratiquement été baptisé en leur honneur. Très similaire à Yellow Belly qui débutait Major/Minor, il place l'album sur des rails à une allure mid-tempo trompeuse, parfois ravageuse. Le groupe n'a rien perdu de sa superbe, et encore moins de sa capacité à composer des titres riches en variations, même s'il faut plusieurs écoutes pour toutes les entendre, voire les comprendre. C'est lourd tout en étant aérien à la fois, c'est en apparence épuré alors que c'est complexe et recherché. Bref c'est du Thrice, et Thrice est de retour, et la coupure lui a fait du bien.

Évidemment, après un tel départ, on ne peut que s'attendre à ce que s'enchaînent des titres aussi bons les uns Un les autres. Et c'est exactement ce qu'il se passe. Blood In The Sand et The Window s'enchaînent comme s'ils étaient un seul titre. Wake Up et The Long Defeat sont foncièrement différents, et pourtant on pourrait presque dire qu'ils se complètent. Et puis vient Seneca, interlude lancinante de tout juste moins d'une minute, qui donne l'impression quand arrive le titre suivant d'avoir rebooté l'album. En effet Black Honey repart sur les même bases que Hurricane, et c'est une prouesse artistique, les deux titres étant finalement semblables uniquement en qualité. Pas de coup de mou en deuxième période, Thrice remet le couvert pour un deuxième plat aussi raffiné que l'entrée/plat qui a précédé. Et ce jusqu'à un Salt And Shadow qui ne propose pas moins de six minutes de pur bonheur, final éclatant de douceur, magnifique balade qui vient conclure un album magistral.

Avant de conclure, parlons un peu du contenu lyrique de l'album. Les textes sont comme à chaque fois composés par Kensrue, et si ce dernier nous avait habitués par le passé à plutôt parler de littérature, de théologie voire de science fiction, grand changement de registre sur cet album qui est essentiellement axé sur des problématiques sociétales, politiques ou culturelles. Blood In The Sand est une critique des partis politiques américains. Black Honey attaque de plein fouet la politique étrangère des USA et leur propension à déclencher des guerres pour s'approprier le miel noir, comprendre le pétrole. Quand à Whistleblower, il est dédié à Edward Snowden, le lanceur d'alerte qui a révélé que le gouvernement américain épiait illégalement ses propres citoyens. 

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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