Silent Planet - Everything Was Sound

Silent Planet - Everything Was Sound
 

Année 2014, peu de temps après avoir signé un nouveau groupe au nom inconnu, le big label Solid State dévoilait le premier titre d'un album a sortir le mois avant noël. Un tremblement de terre s'annonçait sur la terre du métal chrétien, et chaque nouveau titre dévoilé faisait monter d'un niveau l'échelle de Richter prévisionnelle des grands albums. Et quand finalement est sorti The Night God Slept, il a fait s'écrouler les murs du monde que l'on connaissait. Véritable tuerie autant sonique que lyrique, l'album sorti par Silent Planet était la grande surprise de l'année, et près de dix-huit mois après arrive son successeur, qui a lui aussi été bien teasé depuis le début d'année.

L'accueil se fait en douceur sur cet opus, avec un son ambiant sur laquelle vient se poser la voix de Garreth, qui semble s'adresser à l'auditeur, comme pour le préparer à ce qui va lui arriver. Puis la voix se fait plus menaçante, et le titre commence véritablement avec du scream en bonne et due forme. On se dit alors que c'est parti pour ne plus s'arrêter, mais non, du chant parlé à la La Dispute ou Touché Amore fait son apparition, dans une ambiance lourde, et on se rend vite compte que ce n'est pas qu'une tentative, mais une évolution que le groupe gardera tout l'album.

Volontairement j'ai laissé de côté la comparaison avec Underoath, même si celle-ci est inévitable, tant ce groupe manque à l'appel et il tarde à tous ses fans de les entendre à nouveau. Pour tous ceux qui aiment tant la voix de Spencer Chamberlain, il apparait en guest sur Psychescape, le deuxième titre de l'album. Dois-je préciser qu'il s'agit d'une absolue réussite ? Quel bonheur d'entendre ces deux chanteurs aussi talentueux se donner le change, et qui finissent le titre en un duo qui ne manque pas de panache.

Deux titres, deux claques, la suite a intérêt d'être à la hauteur. Pas besoin de se rassurer en sachant que les titres dévoilés avant la sortie (Panic Room et Orphan entre autre) sont à venir, on sait que ce sera du bon, du lourd. Et c'est le cas. L'album ne baisse pas de niveau à un seul instant. Au risque de se répéter, la seule chose qui baisse par moment est le volume sonore et l'apparente fureur, simplement canalisée par moments. Car le groupe semble en colère, ou du moins plus que désireux d'être écouté.

Car comme son prédécesseur, s'il n'y a pas besoin de comprendre les paroles de cet album pour l'apprécier, y prêter une oreille et un esprit attentif permet de capter une grande part de l'œuvre que réalise le groupe. Musiciens engagés, ils ont des messages à faire passer, qui touchent de nombreux sujets. Panic Room parle du syndrome post traumatique qui touche certains militaires, mais également de suicide, tout comme Understanding Love as Loss. La description faite de la schizophrénie et de l'instabilité mentale qui est faite dans Psychescape est déroutante de justesse. Orphan parle de racisme, et plus généralement du racisme ordinaire et de ses conséquences dans un même pays. Fort heureusement, l'ensemble de l'album n'est pas sur un ton aussi sombre, et les deux derniers titres du CD parlent de l'importance et de la puissance de l'amour, sans être cliché ou dégoulinant de romantisme rose pour autant.

Alors, album de l'année ? Pour le moment oui, voire même plus. Les textes tombent juste et font réfléchir. La musique est de grande qualité, avec des performances vocales dans le haut du panier, et des jeux de guitare mémorables. Difficile, en fait, de trouver le moindre défaut dans ce Everything Was Sound. Nous pouvons être reconnaissants que ce groupe existe et qu'il soit signé par un label aussi grand que Solid State.

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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