NYVES - Pressure

NYVES - Pressure
 

La marque des bons artistes, ce n’est pas uniquement de faire de la musique de qualité, c’est aussi de savoir innover et sortir de leur zone de confort. Ce risque, Ryan Clark (Demon Hunter) et Randy Torres (ex-Project 86) le prennent depuis l’émergence de leur projet électro NYVES, qui les emmène loin de l’univers metal dans lequel ils s’étaient solidement installés.

Après l’album Anxiety en juin 2015, le duo nous a sorti en août de cette année un EP intitulé... Pressure (décidément, ils sont un peu tendus les deux gaillards). Composé de 5 titres, il s’inscrit dans la ligne de leur première mouture : une électro lourde et pesante mariée à la voix grave de Ryan Clark, qui fait encore une fois valoir la pureté de son chant clair. Derrière tout ça, l’influence évidente de Depeche Mode, dont Ryan et Randy se disent fans, tant dans les intonations vocales, le débit du chant, que dans les sons épurés des machines.

Le titre Pressure donne le ton, balançant d’entrées ses grosses basses suivies de sons de claviers type années 80 qui font vibrer le corps. Dans The Pain, le morceau le plus rythmé entrecoupé de respirations bien senties, on trouve la patte d’un Nine Inch Nails avec un démarrage très indus, comme celui de Details. Dans cette lourdeur générale, Common Ground se démarque par son caractère mélodique et mélancolique, avec une intro au synthé qui trouverait facilement sa place chez un groupe gothique à la Type O-Negative.

Trahisons et blessures

Sur tout l’EP, la rythmique est plus directe que dans Anxiety : finies les simulations de parties de batterie, et ça passe plutôt bien. S’il fallait pinailler, on pourrait regretter des refrains parfois un peu faciles, du genre « musique de clubber » qu’on aurait déjà entendus 156 fois à la radio, comme sur Not Enough ou Details.

L’ambiance est sombre et sans référene explicite à Dieu, comme souvent avec les œuvres de Ryan Clark, ni même à la spiritualité. Malgré des paroles remplies d’images, on devine aisément l’évocation de relations humaines orageuses, pour ne pas dire destructrices, avec leur lot de trahisons, de blessures et de « end of the road » (Common Ground). L’art-work délicat de l’EP semble marquer cette rupture : une femme de dos, tête baissée, avec des pétales de roses abîmées qui se perdent au vent. Au final, on a bien du mal à y voir de la lumière, si ce n’est la volonté de sortir guéri de ces épreuves : « We have to ease the pain » (The Pain). Et c’est bien ça qu’on pourra retenir : au milieu de la nuit, la petite flamme vacillante d’une bougie.

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Concernant l'auteur

Jean-Baptiste

Bourguignon d'origine et Berrichon d'adoption. Passionné de musique en général, et très intéressé par les musiques actuelles d'inspiration chrétienne. Guitariste bidouilleur, pense le matin en se rasant à des compos et à son projet de groupe de rock. Aime la bonne bière et les vannes pourries.

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