The Devil Wears Prada - Transit Blues

The Devil Wears Prada - Transit Blues
 

Le métalcore est mort disent certains. Le chant clair est suranné disent d'autres. "J'attends de mon groupe préféré qu'il sorte toujours la même chose, sinon ce n'est plus le même". "Ce groupe n'a pas évolué depuis ses débuts, c'est ennuyant". Difficile de contenter tout le monde ? Nous sommes loin du compte. L'évolution est inévitable sur une longue période de temps d'existence d'un groupe, ne serait-ce qu'en raison d'imprévisibles changement de membres. Si The Devil Wears Prada a montré quelques signes de maturation au fil des albums, notamment visible au niveau du nommage des titres, une tendance est celle qui vit le groupe apporter des nuances d'émotion dans plusieurs chants, jusqu'à avoir un album tel que 18:8 qui était d'une ambiance qu'on pourrait qualifier de nostalgique, pour ne pas dire triste. Plutôt appréciable pour quiconque ne souhaite pas entendre que du gros métalcore énervé à la For Today, il était légitime de se demander si le groupe allait continuer dans cette lancée, et quelle serait la teneur de ce Transit Blues, qui est le premier album sans Daniel Williams derrière les fûts, parti en début d'année.

Mais ce n'est pas le seul à faire ses débuts avec le groupe américain, car même s'il est présent sur le Space EP, on ne peut pas dire que Kyle Sipress ait laissé son empreinte sur cet autre album concept par la bande à Hranica. Tout le contraire de ce Transit Blues, et c'est audible dès le premier titre, Praise Poison, qui accueille l'auditeur par un jeu de batterie original et atypique, et un riff de guitare qui fait se demander si l'on est bien en train d'écouter un album de The Devil Wears Prada. Heureusement tout cela n'est qu'une intro et le son typique du groupe, fait de plusieurs niveaux de musique, de changements d'ambiance et d'atmosphère. Mais résolument la patte du nouveau guitariste se fait entendre dès la fin du refrain avec ces riffs nerveux et il faut se faire à raison que le groupe entre dans une nouvelle ère. Une ère dans laquelle la musique des américains devient plus technique tout en restant appréciable pour les fans de la première heure.

Une des forces du groupe a toujours résidé dans l'impeccable réalisation et intégration des passages à chant clair, l'un des aspects les plus controversés du métalcore actuel. Et à ce niveau, Jérémy DePoyster répond encore présent, et joue un rôle encore plus important en apportant un côté presque fantastique - voire ambient - à certains titres. Complément parfait à Mike Hranica, qui arrive enfin à maîtriser tous les différents aspects du scream, lui qui se contentait presque exclusivement sur les premiers albums de shrieks bien aigus qui faisaient fuir certains auditeurs. Au contraire, nous avons là une grande diversité de styles, et surtout de hauteur de chant qui aident les titres à gagner en variété.

Transit Blues est dans la continuité de ce qu'à sorti le groupe depuis 18:8. Plus mature, The Devil Wears Prada s'est parfaitement acclimaté de ses changements de membre en sortant un album varié, alternant entre gros riffs de guitare bien vénères et magnifiques moments musicaux parfaitement instrumentalisés, au sein de titres qui prennent alors une dimension épique. Flyover States et To The Key Of Evergreen sont absolument magnifiques dans leur exploration d'ambiances riches et variées, et font de ce Transit Blues l'album le plus complet sorti par The Devil Wears Prada.

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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