Wolves At The Gates - Types & Shadows

Wolves At The Gates - Types & Shadows
 

“Je ne suis pas fan du genre musical Heavy Screamy, Hardcore, Emo ou peu importe…. dans lequel mon groupe [Emery] a fait parti et en particulier là où il est aujourd’hui.” confesse Matt Carter dans son Podcast Break it Down (27.10.2016) en s’adressant à Steve Cobucci. ”Vous avez emmené ce genre exactement là où je voulais. C’est un son moderne, pas nostalgique et en même temps, ce n’est pas juste des gamins nés de la dernière pluie jetant n’importe quoi ou copiant sans vergogne ou cherchant forcément le breakdown ou un effet en particulier. Cet album est organique, rempli de tension, agressif et heavy et vulnérable en même temps.”

S’il y a bien un album de metal que j’attendais en 2016 c’était celui-là. A bien des égards, Wolves at the Gate (WATG) s’est construit un univers musical mature et une discographie pleine en 8 ans.

Comme ils le dévoilent dans leur interview chez Metal Cross les gus de l’Ohio empruntent leur nom au livre des Actes chapitre 20 versets 26 à 32 afin de dénoncer les dérives de l’Eglise post moderne. De quelle façon procède le groupe? En exposant le message de l’évangile le plus explicitement possible afin que les Chrétiens authentiquement “born again” ou qu’ils soient “juste de nom” ou/et les auditeurs qui ne connaissent pas encore Jésus Christ bénéficient d’une restitution fidèle aux écritures. Tout un programme. Car si une dérive existe dans la sphère musicale Chrétienne, ce sont les chansons dédiées à la “cosmic girlfriend” ce qu’avait brillamment mis en lumière South Park et par extension les groupes qui susurrent à demi-mots ou pas du tout le nom de Jésus Christ dans leur écriture. WATG engagé pleinement dans la Grande Commission, refuse de cacher le gospel et son entièreté.

Alors oui, le choix du style est le post-hardcore, ce genre un peu fourre-tout, un peu descendant lointain du désormais trépassé “cross-over”. Mais ne nous arrêtons pas aux étiquettes. WATG assume le choix de la fougue et de l’ouverture inhérentes au genre et introduit trois ingrédients: la versatilité, une solidité d’écriture et une spiritualité qui transcende leur oeuvre. Voilà leur marque de fabrique.

Steve Cobucci le guitariste rythmique et chanteur officiait comme professeur d’histoire avant de poursuivre son appel musical. Sa patte littéraire le trahit sur certains passages en alexandrins et sur les nombreuses références théologiques de ses compositions. Musicalement il se réfère à Bob Dylan et son focus est dans l’écriture d’une “bonne chanson” l’une après l’autre. De ce fait les titres sont travaillés en acoustique au préalable privilégiant la versification, la mélodicité et la structure séparément des effets et arrangements.

Cette nouvelle offrande affirme le groupe dans son exploration du spectre du rock. Le quartet ne saurait se satisfaire du punk et du métal seuls et ajoute des éléments de hard rock et de progressif (le batteur fait évoluer les riffs d’un refrain ou d’un couplet à l’autre). Le duo vocal maîtrise toujours autant le chant en hydre: la voix hurlée prenant le relais du chant clair sans transition au point que parfois l’auditeur ne distingue plus qui chante quand. Plus les années passent et plus le deux voix se perfectionne. Leur technique donne plus qu’un effet “belle et la bête” c’est un sertissage en arabesque autour de leur message: un support renforcé complexe, précieux et travaillé.

Si sur VxV 2014 (à prononcer Five by Five) on pouvait sentir un remplissage du vide signalant le départ/l’absence du guitariste soliste et du batteur, ce nouvel album donne plus de respiration entre les membres du groupe, aère de césures et ré-introduire (avec peut être moins d’ampleur que Captors) les passages alternés de détente et de compression. Mon seul regret demeure: c’est que la mélodicité repose désormais sur la guitare rythmique et la voix seules, là où la guitare soliste de Jeremy Seckel complimentait les compositions de Cobucci avec des arpèges et des riffs en décalages intelligents (on se souvient des anthémiques Heralds et Dead man).

Types and Shadows reste un album de metal au style inclusif, scripturalement et spirituellement blindé. Il est un peu plus réservé sur l’introduction d’extrait de prédication (on se souvient de John Piper en overlay sur le précédent opus). Il se dégage des bombtrack comme War in the Time of Peace, The Aftermaths et Flickering flame.

Si on devait retenir une tendance, c’est que WATG après son changement majeur de line-up en 2012 a poursuivi dans la voie introduite par Man of Sorrows. Cobucci avait alors décrit le titre comme une poussée créative vers un genre apaisé gagnant des terres contemplatives. La conclusion de l’album Captors exposait le portrait du serviteur souffrant quittant son trône de gloire acceptant de mourir pour le Salut de l’humanité. Le guitariste s’excusait presque du changement de ton par rapport au reste de l’album. Touché par le départ de membres éminents (sur Youtube Cobucci a répété son admiration pour Seckel et leur précédent batteur), le groupe s’est engouffré dans cette direction: un style agressif moins heavy mais toujours métal, plus progressif, figuratif et toujours proclamant franchement le message d’un Dieu prompt à aimer, pardonner et accueillir, ce malgré la rébellion contre Lui.

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