Phinehas - Fight Through the Night EP

Phinehas - Fight Through the Night EP
 

En cette période de fête, la plaie des albums de chants de Noël nous frappe inévitablement. La plupart des artistes Chrétiens nous gratifie chaque année de reprises de classiques avec plus ou moins de réussite et souvent avec beaucoup de paresse.

Coté réussite on peut se rabattre sur la version d’August Burns Red de What Child is this et dans le registre rock moins bruyant mais indépendant et travaillé: For King and Country et leur EP Into the Silent Night.

Côté paresse, vous avez l’embarras du choix.

Phinehas dans ce contexte que les metalleux peuvent prendre pour de la lassitude offre une alternative sous la forme d’un EP acoustique se composant de 3 reprises du précédent effort Till the End (chronique à lire sur Beehave), de 2 instrumentaux à la guitare et d’un inédit.

Une première surprise arrive dès les premières notes de guitare: c’est un lyrisme nouveau. Il confirme la tendance prise par le groupe avec les changements connus en 2014. Les arpèges de Gailey s'égrènent comme la première neige un soir de Noël avec magie et élégance dès l’ouverture. S’il est toujours permis d’émettre des réserves sur les facultés d’un guitariste quand il se cache derrière sa distorsion, le doute en unplugged n’est pas permis. Il rappelle même les meilleurs moments des acoustiques archives de Tourniquet… avec une vraie voix. Seules les personnes nées avant 1990 comprendront.

La voix de Sean McCulloch accompagnée de choeurs apporte le cadeau après le chocolat. Le gus n’en est pas à sa première incartade dans le registre dit clair et le songwriting du dernier album penche vers cette mélodicité plus lyrique. Le groupe est dans la récidive puisque déjà à l’époque de The Bridge between, Sean poussait la chansonnette.

Gailey n’est pas en reste et propose des arrangements nouveaux sur les reprises acoustiques. Avec bonheur, il ne se contente pas d’une simple transposition ou de plaquer des accords mais construit besogneusement un nid douillet pour les refrains confirmant sa technique et une grande écoute à l’égard du reste du groupe.  

Si le single Forever West dont la rengaine a donné le titre de l’EP était passionnément attendu, Dead Choir dans un style indie folk est méconnaissable. A l’écoute on se prend à s’imaginer en plein road movie dans le grand ouest en fuite de cette église sans amour que le titre dénonce. Seven emprunte à Divine Comedy qui elle empruntait  à David Bowie époque Life on Mars et construit une atmosphère embrumée à grand coup de réverb au piano.

Book of names, l’inédit, invite Garrett Russell, le chanteur de Silent Planet, ce groupe que Phinehas considère comme “frère d’une autre mère”. Le titre qui conclut l’EP atteint un point d’orgue avec une dérive sur Amazing Grace majestueuse et spleen à la fois.

Phinehas, en livrant cet EP si différent de ce que le climat musical Chrétien propose confirme l’audace du personnage dont le groupe emprunte le nom. Un album à partager pendant ce temps de fête sans modération.

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_rem

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