Day by Day - The Enemy Still Remains

Day by Day - The Enemy Still Remains
 

Qui a dit que seuls les américains savaient faire du punk ? Et qu'il n'y avait que du rap à Marseille ? Alors pour tous ceux qui ont ce genre d'aprioris, tendez l'oreille pour écouter The Enemy Still Remains, la dernière réalisation de Day By Day qui, comme son nom ne l'indique pas, est un pur produit français. Alors, cocorico ? 

ImageSortie : 10 Septembre 2007
Genre : Punk Rock
Label : Première Partie
Durée : 32'02

La première chose qui frappe à la vue de l'album est sa pochette. En ces moments assez difficiles pour l'industrie de la musique avec la généralisation du piratage (sic), il est bon de voir qu'on peut en avoir pour son argent à l'achat d'un CD. Corolaire évident, il est bon de savoir que certains groupes portent autant d'attention à leur musique qu'à l'enrobage de cette dernière, et l'excellent boulot réalisé par Christian Ung ainsi que la façon dont le booklet est rangé justifient presque à eux seuls le prix de l'Œuvre (avec un grand O).

Quelques petites précisions à apporter avant de continuer cet article. Bien que le groupe soit français, les textes sont en anglais. Bien que marseillais, le chanteur n'a pas l'accent des buveurs de pastis de la cannebière. Et bien que punk, aucun des membres ne porte de crête, mais ça, on s'en fout.

Et si tout le monde est d'accord, concentrons-nous sur la musique. Je ne peux m'empêcher de comparer celle-ci à un groupe du siècle (que dis-je, du millénaire) précédent : Value Pac. Nous le savons, les comparaisons sont à double tranchants, soit cela implique du plagiat, soit cela est une inspiration. Je pencherai plutôt pour le deuxième cas mais les ressemblances sont troublantes, et fort heureusement, c'était un de mes groupes préférés de punk quand j'étais étudiant ... tout cela ne nous rajeunit pas, mais d'un autre côté, les meilleurs moments du mouvement punk sont dernière nous. Fort heureusement, il existe une bande d'irréductibles bien décidés à faire vivre le genre, et parmi eux se trouvent Day By Day. Mais ça, vous l'aviez compris.

Avant de continuer (bis), il semblerait que ce soit presque un sacrilège de ne pas mentionner que The Enemy Still Remains a été produit par Christian Carvin, et faire cela sans dire qu'il s'agit d'un mythique producteur ayant travaillé avec des groupes comme Freygolo serait encore plus inadmissible. Les connaisseurs apprécieront la référence, les autres se diront qu'au moins ce groupe inconnu doit être drôle.

L'histoire ne dit pas si c'est Carvin qui en est à l'origine, mais les noms des chansons sont assez fun. Le premier s'intitule It Takes Two Seconds To Speak  x A Lifetime to learn how to shut up, ce qui traduit dans la langue de Molière donne "Il faut deux secondes pour parler mais une vie entière pour apprendre à se la fermer". Heureusement qu'ils n'ont pas dit qu'il fallait deux secondes pour chanter, car on ne les aurait pas crus (la chanson dure 2'52) et on leur aurait reproché de ne s'être pas tus. Ah ! Boutade, quand tu nous tiens ... ça doit être cet album qui provoque chez moi ces sensations ... c'est l'esprit léger du punk, sans prise de tête même quand il s'agit de chansons sur les nanas ou sur la futilité de la vie. Petit bémol, l'utilisation d'un mot anglais assez vulgaire dans She Loves Me Not. Pas une insulte, juste une expression assez crue et choquante quand on est bilingue.

Les musiciens sont talentueux, les guitares précises et la batterie agressive et puissante comme il faut. J'imagine depuis mon bureau le diamètre des bras de Guillaume et la vitalité nécessaires pour taper comme il le fait sur ses fûts et autres cymbales, maîtrisant les rythmes propres au punk. Les deux guitaristes connaissent également leur genre par cœur, les riffs sont efficaces... car classiques. La voix de Jérémie fait mouche la plupart du temps. Chantant sans accent, il n'a cependant pas une voix pure, claire. Les morceaux s'enchainent avec brio et efficacité, sans couac.

Au niveau des axes d'améliorations, la production est soignée mais nous sommes loin des standards américains comme ceux dont peuvent bénéficier des groupes comme MxPx ou No Use For A Name. Mais les moyens ne sont pas les même non plus, malheureusement.

Pour un deuxième album studio, Day By Day s'en sort plutôt bien, avec des compositions suffisamment variées pour éviter de s'ennuyer.

Note : 7/10

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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