The Devil Wears Prada - Plagues

The Devil Wears Prada - Plagues
 

Nom de livre, nom de film, non de non, encore un groupe qui risque d'avoir du mal à se faire connaitre pour autre chose que ses homonymes. Sauf si ... 

ImageThe Devil Wears Prada a vécu la même chose qu'est arrivée au groupe Narnia. Après avoir baptisé leur groupe en s'inspirant du livre du même nom, un film est sorti deux années après leur création. Et comme Narnia, ils devront sans cesse justifier de leur nom devant les néophytes, tout en profitant bien involontairement de ce partage de nom. Ainsi, la première fois que j'ai présenté cet album à quelqu'un, la réaction immédiate fut "C'est la BO du film ?"

Pourtant, Plagues est déjà leur deuxième album studio après Dear Love: A Beautiful Discord sorti en août 2006, tous deux chez Rise Records. Il présente un son pas vraiment novateur mais maitrisé, et tant mieux, la branche métalcore / noisecore commençant à être sérieusement fournie et les groupes doivent redoubler d'ingéniosité pour se démarquer. Pour ce faire, certains lorgnent du côté de la brutalité, d'autres prennent une voie assez drastiquement inverse en privilégiant des parties mélodiques. Puis il y a ceux comme The Devil Wears Prada qui font le grand écart entre les deux et alternent extrême violence avec mélodes raffinées. Un peu à la Underoath, en moins mélo et plus brutos. Un peu comme As I Lay Dying en somme, juste en moins technique.  L'ensemble donne un album autant paradoxal que plaisant.

Goats On A Boat donne le ton d'entrée : riffs métal, hurlements, passage plus mélodique avec violons, ajoutez à cela les traditionnels breakdowns, puis les voix claires et magnifiques ... saupoudrez avec un peu d'orgue de cathédrale (de barbarie aurait fonctionné pour un jeu de mot sur le genre musical), et voila la signature de TDWP. Celle-ci est encore plus manifeste sur You Can't Spell Crap Without C ou This Song Is Called avec aller-retours permanents entre les sonorités, et l'on passe d'une euphorie ravageuse à un spleen monumental en moins de temps qu'il n'en faut au cœur pour reprendre son rythme normal.

Indépendamment de la musique, le groupe se fait également remarquer par les noms tous plus étranges les uns que les autres. Entre HTML Rules D00d, Don't Dink And Drance, ou Reptar, King Of The Ozone, il y a en pour tous les fans d'excentricités et autres amateurs d'anomalies lyriques. w00t ! Pour faire simple, il n'y a aucun lien entre les titres des chants et les paroles de ces derniers. Tout le contraire entre le nom de l'album et la thématique de ce dernier. Intitulé sobrement Plagues, ce qui signifie Plaie, le booklet est de très bonne facture et présente à chaque page une illustration mettant en scène une des plaies d'Egypte avec le verset dont est tirée l'histoire. Par ailleurs, la transition entre HTML Rulez D00D et Hey John What's Your Name Again permet d'entendre tout une armée de sauterelles, symbolisant l'arrivée de la quatrième plaie, parfaitement incrustée entre la 3ème et la 4ème piste de l'album ... De la à dire que Plagues est un concept album, il y a un pas à franchir, mais il y a dix chansons dans cet opus, soit autant de plaies qu'a connue l'Egypte. Mais comme les paroles ne relatent pas ces plaies, on se contentera des illustrations, forts jolies au demeurant.

Plagues est l'album de la confirmation pour The Devil Wears Prada. Maitrisant l'art d'alterner mélodie et furie, les jeunes ont toutes les cartes en main pour être un des acteurs dominants du marché du métalcore. Il ne leur reste plus qu'à se faire un nom ... Du solide.

Durée : 37:50
Genre : Métalcore
Sortie : August 21, 2007
Label : Rise Records
Pays : USA
Note : 7/10

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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