Once Nothing - First Came The Law

Once Nothing - First Came The Law
 
Mes deux premières écoutes de First Came The Law, le premier album de Once Nothing chez Solid State Records, se sont déroulées dans le train. Première à l'aller, deuxième au retour, et je me suis endormi les deux fois. Attention, cela n'est pas une mauvaise chose.

Once Nothing - First Came The LawEn effet, il est nécessaire de comprendre que si l'ennui est soporifique, la douce mélodie est relaxante. Et si j'ai réussi à m'assoupir en écoutant les titres défiler, c'est qu'ils m'ont bercés. Aussi étrange que cela puisse paraitre, cette stratégie est la mienne depuis le lycée et me sers toujours de benchmark efficace et fidèle.

Et pourtant, je commence à être de plus en plus lassé par ce genre musical limitant le rôle du chanteur et le rendant comparable à une corne de brume. Un peu comme un orgue de barbarie qui ne serait capable de produire qu'une seule note ... Ce genre de cri monocorde devient monotone, et il n'est pas étonnant qu'un bon nombre de groupes ait opté pour un duo de chanteurs, celui à la voix claire permettant de compenser le manque de possibilités vocales laissées par les hurleurs.

Pourtant d'autres continuent d'entretenir l'espoir de percer dans ce marché hyper-saturé en misant sur des prouesses musicales. vous l'aurez deviné, Once Nothing fait partie de la meute.

Et on peut les comprendre ! Car les gars ont du talent à revendre.

Et on pourrait leur donner raison tant la musique est agréable, et je me répète, d'une douceur délicieuse pour les oreilles. Qu'on se comprenne tout de même, il s'agit bel et bien de métalcore, et si j'évoque les mots "douceur" et "délice", c'est bien évidemment pondéré par les standards du genre. Le sens en serait tout différent si je les utilisais pour décrire une ballade de Sleeping At Last. Les deux guitares jouent parfaitement leur rôle de complémentarité, avec comme à la bonne vieille époque du heavy métal, un lead guitar s'occupant des fioritures et un guitariste rythmique s'occupant, comme son nom l'indique, de l'assise rythmico-musicale. Sans surprise, Todd Lowry abreuve son micro de death growls assez réussis, se permettant quelques facéties sur certains titres comme Avoid Me Like The Plague, Gunfire Is The Sound Of Freedom, Columbus Wasn't Looking For America où il chante "normalement". Cela adoucit les chants mais n'est pas en soit un plus, la voix claire du chanteur n'étant pas son point fort. Après plusieurs écoutes, on se rend compte que d'autres subtilités vocales ont été apportées avec des nuances bienvenues dans les hauteurs de note, témoignant de l'immense travail réalisé lors de l'écriture de l'album.

The Intimidator
porte bien son nom et pose les bases du son avec un "You wanna go for a ride?" suivit d'un "Yahh" bestial faisant comprendre à ceux pensant qu'il s'agit d'un album à mettre entre toutes les mains qu'ils se sont trompés.  Les titres s'enchainent de manière naturelle, les chants sont tellement différents voire découpés qu'on à parfois l'impression d'être passé à une piste différente alors que l'affichage indique "2:12" ou autre. Car c'est un des éléments intéressants du son de Once Nothing, leur constante diversité, évitant ainsi à l'auditeur de s'ennuyer avec un album d'une durée d'une heure ! Fait rare à notre époque où la mode est plus aux albums de 30 minutes (The Chariot, Kingston Falls, etc). Calcul rapide exigé, 12 tites tenant en une heure, ça donne 4 minutes de moyenne par chanson. Pas mal ! D'où la nécessité de varier rythme, sonorité, intensité.

Autre choix judicieux, celui de proposer au bout de 20 minutes de furia une petite pause bienvenue, avec My Sweet Medusa, petite ballade acoustique qui semble enregistrée en pleine nature, autour d'un feu, laissant entendre des criquets et autres insectes nocturnes estivals.

Après cette pause bienvenue et ingénieuse, Columbus Wasn't Looking For America revient nous rappeler de quoi il s'agit. Les chansons sont assez semblables dans l'esprit, jusqu'à ce qu'on arrive aux quatre dernières chansons, dont le style est différent.
L'intro de la 9ème intitulée All Heroes Are Cowboys ressemble à s'y méprendre à celle de You Could Be Mine des Guns 'n Roses, mais cela est réellement la seule différence avec le reste. Par contre The Truth About Me Or Someone Like Me et surtout Whisky Breath sont d'inspiration Southern Rock direct. Ce genre a le vent en poupe en ce moment (The Showdown, Maylene And The Sons Of Disaster, Remove The Veil ...) !

Mais la plus belle chanson de l'album et la plus différente de toutes est sans conteste la dernière : "... And Then Came Grace". Les lecteurs attentifs et quelque peu bilingues comprendront que le titre et la position de ce titre ne sont aucunement annodins et font écho au titre de l'album : First Came The Law ... And Then Came Grace ! En français non littéral : D'Abord Il Y Avait La Loi ... Puis La Grâce Est Arrivée ! Ce sont d'ailleurs les seules paroles qui sont hurlées avec beaucoup d'émotions, très discrètement, après une magnifique intro piano. Le genre de chant qui donne des frissons dans le dos ...


Endurants. Et perseverants. Après sept années d'existence et trois albums auto-financés, ils ont réussis à se faire signer par Solid State Records. Le jeu en valait la chandelle.

Note : 7/10
Sortie : 15 Janvier 2008
Label : Solid State Record
Durée : 58'27
Genre : Métalcore / Southern Rock

 

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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