Austrian Death Machine - Total Brutal

Austrian Death Machine - Total Brutal
 

Quand une star du métalcore regarde tellement de films d'actions qu'il se prend pour un héros, la suite de l'histoire est prévisible. Quelqu'un saurait ou est passée Sarah Connor ? 

Pochette Austrian Death Machine - Total BrutalConan le barbare, Predator, Commando, Terminator, tous ces films ont en commun un seul et même acteur : Arnold Schwarzenegger. L'ex-homme le plus fort du monde est plus connu à présent sous le surnom de Governator et fut une des icônes des films d'actions des années 80 et 90. Mais est-il bien nécessaire de présenter ce personnage qui a fait rêver - et pleurer - tant d'adolescents ? Probablement pas. Mais s'il y a bien un individu incollable sur Schwarzy et sa filmographie ce serait bien Tim Lambesis, chanteur d'As I Lay Dying, et fan inconditionnel. "J'adore regarder ses films" a-t-il déclaré à Metal File début Juin. "Je ne vois pas comment on peut regarder un film d'Arnold sans prendre de plaisir." continue-t-il. Cette liste comprend pourtant des films comme Un Flic À La Maternelle, Jumeaux, et même Junior, ce fameux film où le gouverneur de Californie jouait un homme enceinte ... "Même Junior ! Ceux qui étaient ridicules et assez décalés par rapport à son image, ils sont quand même assez bons".

Autant d'amour ne peut rester enfui trop longtemps, et d'une boutade sortie en tournée avec son groupe a émergé une idée au concept simple : créer un groupe avec un clone de Schwarzenegger au micro faisant l'éloge des meilleures répliques de ses personnages, le tout par dessus le plus simple des métal avec un seul impératif, qu'il y ait un solo dans chaque chant. C'est ainsi qu'est né Austrian Death Machine (Machine À Tuer Autrichienne), permettant à Tim de s'exprimer de manière bien plus légère que ce qu'il peut se permettre avec As I Lay Dying. La preuve ? Les titres des chants sont tous des expressions prononcées par un personnage de Schwarzy dans un de ces films, et les paroles dérivent de l'histoire du film. You Have Just Been Erased (tu viens d'être effacé) est extrait du film l'effaceur, I Am A Cybernetic Organism, Living Tissue Over (Metal) Endoskeleton (Je suis un organisme cybernétique, chair vivante par-dessus un endosquelette) provient bien évidemment de Terminator,  tandis que If It Bleeds We Can Kill It (Si ça saigne on peut le tuer) provient de Prédator.

Le tout est bien évidemment une grande plaisanterie mais la musique tient la route et, si le style d'AILD se retrouve logiquement dans les compositions d'ADM, les chants sont autant un hommage à la grande époque du métal que les paroles le sont au film de Monsieur Muscle. Et si les non-anglophones arriveront à trouver intéressantes les références aux films, peu seront ceux qui arriveront à comprendre ce que dit le faux Schwarzy avec son accent Autrichien à couper au couteau (et l'œuvre de Chad Ackerman, le chanteur de Destroy The Runner !) et donc à apprécier les nombreuses coupures entre les chants qui se révèleront à la longue assez intempestives. Mais cela n'enlève pas trop du plaisir résultant de l'écoute des différents titres de Total Brutal, qui porte bien son nom et sens la testostérone à plein nez. Lambesis s'est fait plaisir et cela s'entend, les solos sont légions et on se rappelle avec plaisir et nostalgie qu'ils étaient la norme dans le métal du siècle dernier, et comme la voix de Tim est aussi parfaite que quand il chante pour AILD, que demander de plus ? A ce sujet, selon certaines interviews, il aurait d'ailleurs lui-même enregistré tous les instruments. Si tel est le cas, chapeau à lui !

Pourtant, il y a fort à parier que cet album d'Austrian Death Machine ne restera pas dans les mémoires collectives bien longtemps. Le côté pastiche et potache prend le dessus sur la qualité de l'ensemble et les fans d'As I Lay Dying qui sont la principale cible de cet opus retourneront rapidement écouter An Ocean Between Us et ses prédécesseurs, où ils trouveront passion et intensité, les deux éléments clés qui manquent à Total Brutal. Quand à moi, je regarderais bien Terminator II ...  

 

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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