The Classic Crime - The Silver Cord (2008)

The Classic Crime - The Silver Cord (2008)
 

S'il est bien un album qui était attendu en 2008, c'est bien The Silver Cord, troisième album du groupe américain The Classic Crime. Perfectionnant ce qui a fait d'Albatross une réussite, cet album est en passe d'être ce qu'il était destiné à être : une réussite.

classiccrimesilverchord_250pxPeu d’albums peuvent prétendre avoir été autant attendus que celui-ci. Mais tout cela n’est pas le fruit du hasard. Rappel des faits : en 2006 sort Albatross, le premier album du groupe, qui s’écoule sa première semaine à 4000 unités. Record encore en vigueur chez Tooth & Nail pour le plus grand nombre d’unités écoulées par un artiste avec son premier album. Ni plus ni moins. L’année suivante voit le groupe sortir un EP intitulé « The Seattle Sessions », album acoustique impressionnant (voir critique) et qui confirmait le potentiel du groupe tout en élargissant son spectre musical. La popularité du groupe grandit proportionnellement à l’attente de leur nouvel album, et les titres diffusés progressivement jusqu’à la sortie de ce dernier entretenaient la frénésie. Et, enfin, voila The Silver Cord.

D’une originalité relative, le premier titre s’intitule « The End ». Comme un symbolisme, pour indiquer que l’attente était finie. Sombre et épique, ce titre montre non seulement que The Classic Crime a succombé à l’actuelle mode stipulant que tout album populaire se doit d’avoir son intro, mais qu’ils savent le faire autrement, ne se contentant pas de proposer une mélodie différente du reste de l’album. Car The End est un chant à part entière, dont la durée est simplement plus courte. Just A Man continue au même rythme mais avec plus d’énergie et de vie. Aussi agréable à écouter en falsetto qu’en cri ou en chant, la voix de Matt MacDonald est mise en évidence sur ce titre ; et la justesse avec laquelle il atteint certaines notes et change de registre reste une constante sur l’ensemble des pistes.

On continue avec Grave Digging qui est emmené sur un rythme bien plus élevé et est avec Abracadavers le titre le plus extrême (au sens rock du terme) de l'album. Ca va à 100 à l'heure, Matt n'est pas loin de crier dans certaines parties et des gang-vocals font leur apparition sur le refrain, bien funky pour le coup. A saluer encore une fois la performance des guitares qui sont tout simplement somptueuses et qui viennent couronner leur performance par un solo de haute facture. Du rock comme on en attend plus souvent de nos jours !

The Way That You Are poursuit sur les même bases avec simplement moins de guitare saturée sur le couplet, et un refrain moins entrainant. Bien que 5805 soit un nom pour le moins cryptique, cela ne l'empêche pas de tirer son épingle du jeu. Des couplets syncopés ne sont pas étrangers à ce fait, ni un son de guitare particulier sur certains breaks.

Sans s'en rendre compte Salt In The Snow se fait suivre par Abracadavers et son incroyable jeu de synthé qu'on a plus l'habitude de trouver dans les compositions de Muse, tout comme le gros son de guitare du refrain. Un pur bonheur, d'autant qu'on arrive à distinguer la basse, ce qui n'est pas le cas sur toutes les chansons. Si vous n'avez d'ailleurs pas encore visionné le clip qu'ils ont réalisé pour ce titre, n'hésitez pas, c'est par la.

Croyez-le ou pas, mais après ce grand moment, R&R n'apparait pas fade, bien au contraire. Emmené sur un rythme bien plus lent, il s'en dégage une atmosphère teintée de nostalgie dans laquelle on peut encore une fois apprécier tout le talent de composition du groupe, qui se propage sur God & Drogs, qui lui ressemble tel un frère. La famille est réunie avec Medesin qui reprend les mêmes ingrédients que ses deux précédents, en ajoutant une fois de plus ce petit quelque chose lui permettant de posséder sa propre identité.

Petite pause instrumentale avec The Ascent, le plus beau morceau de l'album. D'une durée dépassant de peu les deux minutes, il propose une ascension vertigineuse vers des sommets s'arrêtant malheureusement trop rapidement. Deux minutes, c'est court quand c'est bon. Personnellement, j'aurais arrêté l'album avec cette chanson. C'est déjà la dixième de The Silver Cord, et les cinq titres qui suivent n'apportent pas autant que ceux qui les ont précédé, à l'exception peut-être de Closer Than We Ara, avec ses jeux de voix assez inédits. Même The Beginning (A Simple Seed), le dernier titre faisant écho et clin d'œil avec The End (le premier titre, pour rappel), n'est pas aussi intense qu'on aurait l'espérer. Pourtant The Classic Crime, avec ses deux premiers albums, nous avait habitués à finir en beauté avec une belle ballade pleine d'émotion (Headlights sur Albatross, Far From Home sur Seattle Sessions). Attention, je ne dis pas là que ces cinq derniers titres sont mauvais, simplement ils font double emploi et au bout de quinze titre il subsiste une certaine saturation.

Rarement un album ne fut autant attendu. Difficile dans ces cas de rester objectif, surtout quand les deux précédentes réalisations du groupe font partie des meilleurs albums de votre collection. J'ai essayé de rester aussi objectif que possible, et j'avoue avoir placé la barre très haute. Le résultat est à mon sens à la hauteur, à condition d'écouter l'album par étapes. The Classic Crime confirme quoi qu'il en soit son statut de grosse pointure de Tooth & Nail et reste un des groupes à suivre.

Genre: Rock alternatif
Label: Tooth and Nail Records
Durée : 54'04
Date : 22 Juillet 2008

Liste des pistes :
1. The End
2. Just A Man
3. Grave Digging
4. The Way That You Are
5. 5805
6. Salt In The Snow
7. Abracadavers
8. R & R
9. God & Drugs
10. Medisin
11. The Ascent
12. Sing
13. Everything
14. Closer Than We Think
15. The Beginning

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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