Escape From Sickness - Wounds Become Scars (2009)

Escape From Sickness - Wounds Become Scars (2009)
 

Les intros calmes, préludes quasi-systématiques aux albums heavy du moment, n'ont jamais vraiment été ma tasse de thé. Les trouvant inutiles dans la plupart des cas, passer directement à la deuxième piste est vite devenu un automatisme.

escape-from-sickness-woundsQuel autre intérêt pourrait avoir une piste d'intro si ce n'est d'exciter la curiosité de l'auditeur ? Et comment le faire autrement qu'en éveillant en lui des sentiments qu'il ne s'attend pas, à priori, à ressentir un album de métal ? Beauté, magnificence et grâce doivent être de mise pour atteindre ce demi-objectif. La cohérence quand à elle est la condition sine qua none pour que l'effet de surprise, au moment de passer à la piste suivante, ne se transforme pas en rejet. La cohérence devant encore plus que tout permettre à cette soit-disante intro d'être plus qu'un simple faire-valoir, en l'élevant à un rang plus noble, à savoir une piste parfaitement intégrée à l'ensemble, gage de son homogénéité, fut-ce telle trouvée dans la diversité.

Et c'est précisément le cas avec Wounds Become Scars. Des sept titres qui composent cet album, aucun ne donne l'impression de ne pas être à sa place, d'avoir été ajouté la pour combler un vide ou allonger artificiellement la durée totale. Malgré la présence , vous l'aurez compris, d'une intro de plus de deux minutes. Cette dernière est magnifique et son titre, traduit en français par "crépitement d'un vinyle opposé à un pianiste", ne peut que renforcer l'idée que cet album va être incroyable. Mais comme je l'ai écrit plus haut, toute belle qu'elle est, elle se doit d'être efficace, et cohérente avec le reste. En ceci, j'affirme que cette piste ne jure pas avec les autres, malgré sa douceur, et que tout au long de l'EP vient se greffer quelques délicates pistes venant lui faire écho, qu'il s'agisse d’un interlude parlée ou du chant de fin, reprenant carrément le thème musicale de l'intro, assurant un peu plus d'homogénéité à un album qui brille par sa complémentarité.

Et ce n'est pas en écoutant How Few Can Destroy Much qu'on va changer d'avis, ni avec les deux chants qui vont suivre. Car si les Suisses savent manier un piano, ils sont encore plus doués avec les instruments typiques du hardcore. Les sonorités produites font penser à du Saving Grace : ça crie, ça hurle, ça arrache les oreilles mais toujours avec la recherche du riff parfait, de la bonne tonalité et dans la justesse du chant. Que dire alors de Live With What You Proclaim alors ? Ce chant de plus de quatre minutes est lui aussi typiquement hardcore mais présente une autre facette du groupe : la diversité. Avec un long break composé uniquement de guitares terminé par des gang vocals, ce chant ne forme presque qu'un avec son suivant Dreams Are Not To Die. La transition entre les chants semble avoir été travaillée, et on ne se rend presque pas compte que ce chant est emmené sur un rythme plus élevé.

Pour calmer les plus énervés, un interlude s'invite en 5ème position, sur laquelle un piano vient accompagner une douce batterie, et une voix apaisante nous invite à faire indirectement le point sur notre vie et notre passage sur terre.

Après un Blood In Our Hearts reparti sur les chapeaux de roue, Until We Die vient conclure l'EP de la même façon qu'il a commencé, avec, comme un symbole, les grosses guitares s'effaçant doucement et laissant la place à un mélodie piano aussi magnifique que l'intro et permettant de boucler la boucle, et préservant l'homogénéité de l'ensemble. Exactement comme l'avait fait Kingston Falls avec Armada On Mercury. Souhaitons à nos voisins le même succès !

Durée : 20'04
Genre : hardcore
Label : Sums Records
Sortie : 6 Juin 2009

Liste des pistes :
01. Vinylknistern vs. Pianospieler
02. How Few Can Destroy Much
03. Live With What You Proclaim
04. Dreams Are Not To Die
05. Interlude
06. Blood In Our Hearts
07. Until We Die

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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