Kingston Falls

Je connais Kingston Falls depuis la sortie de The Crescendo Of Sirens en avril 2006. Presque deux ans après, les américains nous reviennent avec Armada On Mercury, changeant au passage considérablement leur style. Afin de pouvoir en discuter, j'ai demandé à Facedown Records d'interviewer, par téléphone, un des membres originels du groupe. Ce que vous allez lire est la retranscription de 40' de dialogues avec Josh Battles, guitariste de groupe, l'artiste le plus timide qu'il m'ait été donné de rencontrer, et pas des moins sympathiques.

kingston_falls.jpg
JB
: Josh Battles, guitariste de
Kingston Falls
JK: Jérémie Kaufmann, beehave.fr
 

JK : A la base, j'étais censé faire l'interview avec Brent (le batteur ) et j'étais assez enthousiaste à l’idée de l’avoir au téléphone car je n'ai encore jamais interviewé de batteur. On dirait que seuls les chanteurs et les guitaristes veulent faire des interviews. Tu as une idée pourquoi ? 

JB: En fait Brent était censé le faire. Moi, je ne fais jamais d'interviews, et c'est marrant car il travaille toute la journée aujourd'hui. Il travaille dans le chauffage et l'air conditionné quand nous ne sommes pas en tournée. Alors à cause de ça il n'a pas pu faire l'interview. Mais normalement c'est lui qui s'occupe de ce genre de choses. 

JK: Ne pense pas que je sois déçu de te parler. Je suis très honoré. 

JB: Merci ! 

JK: Je suis fan de Kingston Falls depuis le premier album, alors c'est un plaisir ! 

JB: Merci ! 

JK: J'ai beaucoup apprécié le premier album, mais nous en parleront plus tard. Je voulais vous féliciter pour votre promotion chez Facedown Records. Comment tout cela s'est-il passé ? Et quelle fut votre première réaction quand vous avez entendu la nouvelle ? 

JB: Et bien, on savait que ... on était chez Strike First, leur autre label et on savait que si on y mettait tout notre cœur on aurait une chance de monter chez Facedown. Alors on a essayé d'être signé autant qu'on pouvait. On a continué de travailler dur pour faire autant de tournées que possible et autant de concert qu'on pouvait. Et je pense que Jason (Dunn, ndlr), à qui appartient le label, a vu tout ce qu'on faisait et il a vu qu'on était bons et que s'il nous signait chez Facedown on travaillerait toujours aussi dur. Il voulait juste voir ce qu'on donnerait. On est restés en contact avec lui et un jour il nous a dit « Bienvenue chez Facedown ! ». C'était génial. 

JK: C'est lui qui vous a annoncé la nouvelle ? 

JB: Yep. 

JK: Quelles sont les différences entre être chez Facedown et Strike First ? 

JB: Et bien, je pense que d'un point de vue financier, il y a plus d'argent d'investi. Mais bon, l'énorme différence qu'on a remarquée globalement est qu'il est beaucoup plus facile d'obtenir un concert quand on dit qu'on est chez Facedown parce que le nom est beaucoup plus connu. Et ça assez appréciable ... et nous rend la vie plus simple. 

JK: Est-ce un rêve devenu réalité ? 

JB: Oh oui, quand nous avons commencé on ne l'a pas fait pour être riche et connu, et ce n'est pas non plus qu'on l'est devenu. Mais juste aller la bas, rester toute la nuit dans un van, jouer de la musique tous les soirs et rencontrer une bande de potes ... et on fait tout ça. On ne peut pas vraiment se plaindre. 

JK: Combien avez-vous vendu d'albums de The Crescendo of Sirens

JB: Hum .... Je ne suis pas sur. Je pense que notre chanteur le sait par contre. Comme j'ai dit Brent Et Nate connaissent ce genre de choses. Je ne suis pas vraiment sur de la réponse. 

JK: Plutôt 3000,  4000? 

JB: Oui dans ces chiffres, peut-être un peu moins (ndlr : Facedown communique plus de 3000 ventes). 

JK: Parlons un peu d'histoire. Quand es-tu né ? 

JB: Le 21 Octobre 1983 

JK: Oh alors tu as 24 ans, un bel âge.  Maintenant, quand as-tu touché ta première guitare ? 

JB: Quand j'étais en 2ème année à la fac. 

JK: A la fac ... c'était pour le fun ou voulais-tu déjà jouer dans un groupe ? 

JB: Et bien je voulais apprendre à jouer de la guitare parce qu'à l'époque je pensais que ça m'aiderait à avoir une petite amie, si je savais jouer de la guitare. Ce n’était pas vraiment vrai mais j'y croyais vraiment. 

JK: Et ça a marché ? 

JB: Non ça n'a pas marché, pas du tout même. Mais bon je suis assez solitaire de toute façon. 

JK: Timide ? 

JB: Oui quand il s'agit de ça. Mais je suis marié maintenant. Mais à l'époque j'étais très timide. 

JK: Alors félicitations ! Cela m'amène à une autre question : comment gères-tu ta vie personnelle avec Kingston Falls ? 

JB: Merci. Ca aide d'avoir une famille entière et des amis pour t'encourager. Ca aide dans tous les aspects de la vie. S'ils n'étaient pas derrière moi je ne pense pas que je pourrai le faire. Mais ils le font, soutiennent mes décisions et ils encouragent le groupe. Ca rend les choses infiniment plus faciles. 

JK: Et ils prient pour toi entre autres ... 

JB: Et comment ! 

JK: A quand remonte la création de Kingston Falls ? 

JB: Nous avons commencé en 2003. 

JK: Qui en est à l'origine ? Etaient-ce toi et une bande de gars qui voulaient jouer de la guitare ensemble ? 

JB: En fait moi, l'autre guitariste Josiah et le batteur Brent avions un autre groupe avant pendant quelques temps. Puis nous avons commencé à jouer de la musique plus heavy, nous avons ajouté notre ex-bassiste et notre ex-chanteur, ce qui faisait cinq personnes en tout. Nous jouions de la musique assez différente encore à l'époque. 

JK: J'imagine que vous êtes de grands fans des films Gremlins ? 

JB: Pour être honnête, je ne les avais pas encore vus quand on appelé le groupe Kingston Falls. J'ai demandé aux autres d'où leur est venue l'idée de ce nom et c’est notre ancien bassiste, Jason, qui l'a trouvé et il a répondu que ça venait du film Gremlins, et j'ai vu les films seulement l'année dernière ...  

JK: Tu les as aimés au moins ? 

JB: Oui j'ai vu les deux films que j'ai aimés, ils sont drôles ! 

JK: Le Gremlins dans le micro onde, le mariage, etc. ! 

JB: Oui, tout à fait, c'est marrant ! 

JK: Parlons un peu d'Armada On Mercury

qui sort ce mardi.

Es-tu excité par sa sortie imminente ? 

JB: Je suis excité. Je suis excité de voir ce qui va se passer. Je n'espère pas être riche ou célèbre mais rien que le fait d'avoir pu travailler avec Joey (Sturgis, producteur de The Devil Wears Prada, ndlr) valait le coup. Et également d'avoir un bon album dont nous sommes fiers, et ce sur un plus gros label, et voir ce qu'il va se passer. Je crois que c'est le plus excitant, de voir ce qu'il va donner ! 

JK: Tu es marié, mais as-tu des enfants ? 

JB: Non et ce n'est pas près d'arriver. 

JK: Je pose la question car j'aurais voulu savoir si c'était le même genre d'excitation que quand ta femme est enceinte. Mais vu que ce n'est pas encore arrivé ... vous allez faire une sorte de fête pour l'occasion quand même ? 

JB: Oui, ça se passera le 22 mars dans notre fief de Goshen (dans l'Indiana), une salle qui s'appelle The Post. C'est un endroit où nous avions l'habitude de jouer en permanence. C'était ... tu sais tous les groupes ont ce genre d'endroit où ils se produisaient toujours à leurs débuts ... et la c'est le notre. Il n'y a plus eu de concerts là bas pendant pas mal de temps mais maintenant ils commencent à en avoir de nouveau. Nous sommes heureux de pouvoir faire ça parce que c'était l'endroit ou nous voulions nous produire de nouveau. Alors nous sommes assez excités de pouvoir y retourner, et c'est vraiment bien de pouvoir obtenir ce qu'on a. 

JK: Ce sera un concert gratuit ? 

JB: Je ne sais pas vraiment. J'habite à Oklahoma City et le reste du groupe habite en Indiana alors ils s'occupent de toutes ces affaires, je connaitrais tous les détails quand j'irais les rejoindre la bas. 

JK: J'ai souhaité parler avec un membre original du groupe pour parler de l'évolution du son de Kingston Falls. The Crescendo Of Sirens est un pur album de métalcore alors que Armada On Mercury est un mix entre métal, punk et power pop. Es-tu d'accord avec ça ? 

JB: Totalement. 

JK: Comment l'expliquer ? Pourquoi avoir changé de son ? Est-ce en rapport avec les nouveaux membres ? 

JB: Non, les principaux riffs de guitare ont été composés par les membres originels qui ont commencé le groupe, et c'est essentiellement Josiah, l'autre guitariste, qui s'en occupe de toute façon. Mais c'est surtout parce que nous aimons tous la musique pop et nous aimons aussi tous le métal et le rock. Certains d'entre nous aiment Avril Lavigne, Pink, ce genre de choses. Alors c'était juste histoire d'explorer de nouvelles pistes musicales que nous apprécions. Plutôt qu'écrire chaque chanson et de se dire « Okay et si on ajoutait un breakdown ici », « ajoutons un breakdown la ».  

JK: Les premières fois que j'ai écouté votre album je ne pouvais pas m'empêcher de penser que j'étais en train d'écouter un split album qui aurait été enregistré par A Fire Inside et No Use For A Name, si tu connais ces groupes. Est-ce que vous avez écouté des groupes de ce genre pendant que vous écriviez les pistes ? 

JB: En fait quand nous étions en train d'écrire j’ai beaucoup écouté du Avenge Sevenfold... mais j'ai grandi en écoutant AFI et  No Use for a Name en permanence, et tous deux sont ... comment dire ... de bonnes sources d'inspirations. On a grandi en écoutant ce genre de musique donc je sais que ce n'est pas anodin que ces chants sonnent de cette façon. 

JK: C'est une bonne chose que vous vous soyez inspirés de groupes pareils. Ca se reflète effectivement dans votre musique et au final ça donne un album réussi. Mais ce qui est impressionnant est les similitudes entre la  voix de Nate et celles des chanteurs de ces deux groupes. Tu sais, quand il chante on dirait entendre du NUFAN et quand il crie on à l'impression d'entendre du AFI ! 

JB: Hey, c'est chouette ! Je suis vraiment content d'entendre ça ! Merci ! 

JK: Je ne suis pas en train de dire non plus que votre album est une copie pure et simple de ces deux groupes mais on peut vraiment sentir d'ou vient votre inspiration, qui a ensuite été incorporée dans votre musique en conservant votre propre style. Tu vois ce que je veux dire ? 

JB: Oui ! C'est super d'entendre ça, merci ! 

JK: Et c'est ce que j'ai écris dans ma critique. Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup apprécié également l'introduction de l'album : The Christening. C'est une bien belle façon de débuter un album. Mais n'est-ce pas étrange de commencer un album métal punk de cette façon ? Avec les instruments à cordes et tout ? 

JB: Oui je vois, en fait on voulait commencer avec quelque chose de différent. On ne savait pas trop quoi mettre quand on est entrés en studio. Mais par contre on voulait que la dernière piste finisse avec un solo de guitare parce que The Cresendo Of Sirens se termine avec un solo de guitare. On s'est alors dit que ce serait pas mal de terminer le CD avec un énorme solo de guitare, pas d'un point de vue technique, mais d'un point de vue général. Alors on y a ajouté un orchestre et ensuite on a enlevé toutes les guitares et la batterie et on a écouté la partie orchestrale. Et on s'est dit que ce serait pas mal du tout de commencer l'album comme ça ! Alors l'album commence avec un orchestre, et c'est ce qu'on entend également à la fin du CD. On trouvait ça pas mal : l'album commence de la même façon qu'il se finit ! 

JK: J'avais remarqué également, et ça ajoute beaucoup car en terminant de la même façon que ça commence, quand on l'écoute en boucle, il se dégage une impression de cohésion. 

JB: Oui, ce sont des trucs fun comme ça, qui font partie de la joie d'être dans un groupe ! C'est un tout petit détail mais on l'a fait et nous sommes vraiment heureux de constater que c'est réussi. 

JK: Tu viens de mentionner le mot “fun”. On peut voir que ce mot joue une part importante dans votre groupe, comme à la fin de la 4ème piste On Contentment où on entend une drôle de conversation avec un gars qui dit « hey put that louder down there » et quelqu'un qui lui répond « you put down louder up there »” (« Hey montez le son la en bas »” / « toi monte le son en haut !  »). Tu vois ce que je veux dire ? 

JB: Oh oui je vois ce que tu veux dire ! 

JK: Qui a voulu faire ça ? 

JB: Quand nous avons écrit cette chanson on s'est retrouvés avec un vide la et on voulait le combler avec quelque chose, mais on n'arrivait pas à se décider sur quoi mettre. Nate et Josiah étaient dans la salle d'enregistrement où se trouvent les micros, pendant qu'on essayait de trouver quoi faire ou dire. A un moment on parlait de quel instrument utiliser et sans raison apparente les deux ont prononcé ces paroles « Turn it down up there », « Hey you turn that down there ». Et on a tous trouvé ça marrant et c'est ce qu'on a fait, parce qu'on ne se prend pas au sérieux. Bien sûr nous sommes sérieux dans ce qu'on fait mais nous, on trouve toujours des moyens de ne pas bosser quand on répète et je pense que c'en est une preuve de plus ... et si tu écoutes la fin de la chanson tu vas rire ! Et c'est ce qu'on voulait. 

JK: Qui est « Freakin’ Extreme?

 » (Super Extrême)  

JB: Ca vient du film « Harold & Kumar Go to White Castle » où il y a tous ces mecs de l'extrême qui font tout à l'extrême : ils roulent vite, ils vont vite en moto, ils font tout vite. Et pour une raison ou une autre on aime parler de ça et on s'est dit que ce serait marrant d'en faire une chanson, un chant différent de ce qu'on a l'habitude de faire. On s'est juste dit que ce serait marrant. 

JK: C'est drôle effectivement, tout comme la vidéo ! 

JB: Merci. C'est pour ça. Nous sommes sérieux dans ce que nous faisons mais on aime bien rigoler aussi. Ca montre aussi qu'on ne se prend pas trop au sérieux non plus ! 

JK: Etre sérieux mais s'amuser en le faisant. 

JB : Exactement ! 

JK: Ce chant est un de mes préférés, et l'autre est Dry Skin (Moz Def) . Est-ce une reprise d'un chant de Mos Def ? 

JB: Non, mais c'est ton chant favori, Dry Skin ? 

JK : Oui 

JB: Dingue, ça fait plaisir à entendre ! Ca doit être un de nos chants préférés également ! Et non ce n'est pas une reprise. C'est un chant à propos de notre chanteur Nate, il a mis beaucoup de son passé et de ses émotions dans les paroles de ce chant. Est-ce que tu connais le chanteur Morissey ? Il a également pris pas mal de choses de lui et c'est de la d'ou vient Moz Def.  

JK: J’ai une question concernant les paroles qui sont inscrites dans le booklet, car ce ne sont pas les même que chante Nate. C’est quelque chose d’assez courant dans la musique ces derniers temps mais je me suis toujours demandé d’où cela venait.  

JB: Ah bon ? 

JK : Il y a quelques différences, parfois il manque un mot, parfois un autre a été changé … 

JB: On n’a pas encore reçu nos CDs, alors on n’a pas encore pu y jeter un œil. Je sais que c’est déjà arrivé à d’autres groupes mais si ça nous est arrivé je ne suis pas sur d’où cela a bien pu venir, à moins que ce soit un accident. Car nous avons envoyé les paroles au label et je me demande bien si un mot ou un autre a été oublié. 

JK: Tu veux dire que ce serait plus des erreurs de frappe ? 

JB: Oui ça se pourrait bien. Je n’ai pas d’autres explications. Etrange en tout cas, je vais y regarder de plus près ! 

JK: Ce n’est pas un problème. C’est juste que tu n’es pas le premier groupe à qui s’est arrivé. Et comme je lis toujours les paroles et parfois je me rends compte qu’un mot a disparu ou qu’un autre a été modifié. Alors je me suis dit que les groupes devaient écrire les paroles, les envoyer au label et les ont changées au moment de finaliser le chant. 

JB: Oui c’est possible que ça se soit passé comme ça. Je sais que quand on était en train d’enregistrer l’album on a du envoyer les paroles au label et je me demande s’ils (les autres membres du groupe, ndlr) n’ont pas du changer les paroles après qu’elles soient envoyées. C’est marrant et je vais regarder ça dès qu’on aura reçu l’album ! 

JK: Tu es en train de me dire que tu n’as jamais vu le CD ? 

JB: Non nous ne l’avons pas encore reçu. Normalement ça va venir cette semaine ! 

JK: Alors je suis un chanceux ! 

JB: Ouaip. 

JK: En parlant des paroles, une chose qui n’a pas changé avec Kingston Falls sont les paroles obscures, et j’appellerai ça de la poésie extrême. Ce n’est pas évident d’en comprendre la signification. Alors, quels sont les thèmes de l’album ? 

JB: Tu sais quoi, je n’ai pas du tout été concerné par l’écriture des paroles, en gros tout le monde s’y est collé sauf moi. C’est vraiment là où c’est dommage que ce ne soit pas Brent qui soit en train de te parler ! Je crois que l’album traite essentiellement de ce qui a pu arriver à Nate et Josiah, ce qui s’est passé dans leurs vies et tout ça se retrouve dans chacun des chants. S’ils ont ressenti une émotion forte, ou un fardeau pour quelque chose, alors ils l’ont mis en chanson. 

JK: Donc toi tu ne t’occupes pas des paroles, mais uniquement de la musique ? 

JB: Oui je ne sais pas écrire de belles paroles et je laisse volontiers ça à ceux qui savent le faire. 

JK: Alors, pour ta musique, d’où te vient ton inspiration ? 

JB: Je dirais que mon passé dans un orchestre joue beaucoup. Toute ma carrière à l’université, voire toute ma carrière à l’école. Ensuite il y a des groupes comme Avenge Sevenfold qui est une grande source d’inspiration pour moi. Puis des groupes comme Rise Against et Protest The Hero, qui ont de bons guitaristes et de bons musiciens. 

JK: Qu’as-tu dans ton iPod ou ta stéréo en ce moment ? 

JB: En fait il y a The Veronicas, avec les deux chanteuses pop. Il y a pas mal de musique que j’aime, comme des trucs pop punk comme Avril Lavigne et The Veronicas. J’aime beaucoup ce genre de musique.Est-ce que tu aimes Paramore ? 

JK: Oui assez. 

JB: Ca c’est de la bonne musique ! 

JK: Et ils sont jeunes. 

JB: Oui, si jeunes ! 

JK: Ils ont des chants assez sympas et entrainants. Je les ai loupés quand ils sont venus en France il y a quelques semaines. 

JB: Ils sont très bons dans ce qu’ils font. Ca c’est un groupe dont on peut s’inspirer ! 

JK: Facedown Records est un label connu pour signer uniquement des groupes chrétiens. Je veux dire, des groupes avec des chrétiens dedans. Pourtant, j’ai lu quelque part que vous ne vouliez pas être appelés un groupe chrétien. Alors, qu’en est-il exactement ? 

JB: Je pense que dans l’ensemble nous sommes un groupe chrétien parce que nous sommes tous chrétiens, et qu’on essaye de faire ce qu’on peut et de se faire autant d’amis que possible. Et je pense qu’on a plutôt bien réussi à le faire jusqu’à présent mais il y a encore plein de gens à rencontrer. En fait, quand nous avons commencé, on était assez mal à l’aise à l’idée de s’appeler comme ça, parce que quand tu le fais, les gens ont de grandes attentes et je pense que ça nous rendait trop nerveux à l’idée de décevoir les gens et de ne pas être comme ils voudraient qu’un groupe chrétien soit. Je voudrais dire qu’on se sent bien plus à l’aise maintenant à ce sujet et on parle avec beaucoup de personnes. Myspace est quelque chose de tellement grand en ce moment, ce qui fait qu’on se met à discuter avec des gens qui nous envoient des messages, on leur parle et on les aide. Je pense que maintenant on peut s’appeler un groupe chrétien. Je ne vois pas de meilleure explication ! 

JK: De ce que tu me dis et des attentes que les gens auraient de vous si vous vous faites appeler un groupe chrétien, j’en conclus que tu parles de prêcher sur scène ? 

JB: Oui exactement, on ne va pas sur scène pour prêcher et je sais que certains groupes chrétiens le font, mais on sera les premiers à parler aux gens, se mettre à part sur le côté et s’assoir à une table de pique-nique et parler avec quelqu’un pendant une heure. On n’a pas peur de faire ça. 

JK: Oui je vois. Pourtant être chrétien, n’est-ce pas être un exemple et réellement vivre sa foi de manière authentique tous les jours et notamment sur scène ? 

JB: C’est carrément ça, et c’est intimidant parfois. Quand on a commencé et qu’on jouait avec certains groupes chrétiens et qu’ils allaient sur scène et se mettaient à prêcher et en étant si ouvert, on était super intimidés. On se disait « Est-ce qu’on pourrait être aussi bons ? » On fait toujours de notre mieux. Tu sais, combien de fois on s’est retrouvé à notre table de marchandises et quelqu’un est venu s’assoir juste à côté de nous et on a parlé ensemble pendant les 45 minutes suivantes … 

JK: Revenons un peu à l’album. J’ai été légèrement déçu avec la pochette de l’album, qui semble assez basique comparée à celle de Crescendo Of Sirens, qui était brillante et originale. On a l’impression que vous n’avez pas pu travailler avec Dave Quiggle cette fois-ci ? 

JB: Pourtant nous avons travaillé avec lui cette fois également. 

JK: Ah oui ? Je veux dire, l’autre pochette avec la voiture et le mec derrière et le sang et tout, alors que la il n’y a qu’une image … 

JB: Parce que la pochette est différente du premier album ? 

JK: Elle est sobre. 

JB: Je ne sais pas … je crois que à quelque chose à voir avec Nate et Josiah. Ils ont imaginé comment bien faire ressortir le contenu du cd et je crois qu’on a espéré que la musique et les chants parlent d’eux-mêmes. J’ai beaucoup aimé la pochette du dernier album aussi, elle était bien classe ! 

JK: Qui décide des graphismes ? Nate et Josiah ? 

JB: C’était principalement Josiah. Il s’est beaucoup entretenu en personne avec Dave Quiggle. Ils ont eu pas mal d’idées tous les deux et je j’imagine qu’ils ont tout simplement choisi la plus simple. 

JK: Pendant qu’on parle de membres de groupes, vous avez eu quelques changements de personnels. Certaines personnes sont parties, d’autres les ont remplacées. Comment tu as vécu cette situation, avec la découverte de nouveaux membres et la perte d’amis ? 

JB: Pour être honnête, c’était vraiment difficile. Il y avait John qui chantait sur l’autre album et il était avec nous pour la majeure partie de l’existence du groupe. Mais ça ne marchait tout simplement pas en tournée. Quand tu débutes, il y a tous les membres originels, mais une fois que les tournées commence, tout le monde compte sur tout le monde, on est ensemble dans un van 24h sur 24h, et c’est la qu’on voit qui veut vraiment faire ça et qui ne veut pas. Et je crois qu’il voulait mais … nan je n’ai pas envie de dire des trucs personnels. Disons qu’il n’était pas vraiment sur la même longueur d’onde que les autres. Alors voila … puis on a presque trouvé un gars qui était motivé pour faire partie du groupe, mais les tournées c’était pas son truc. Au début il disait « Ouais allez on fait une tournée ! » puis après il ne voulait plus. Mais une fois qu’on a trouvé Nate, en fait il était dans un groupe depuis longtemps qui se produisait dans notre région quand on a commencé, alors il avait l’habitude d’être dans un groupe et quand on lui a demandé s’il était intéressé de nous rejoindre il était très emballé et nous on avait enfin trouvé quelqu’un pour nous accompagner. Il est vraiment bon, il nous a beaucoup apporté. Nous sommes très heureux de l’avoir avec nous. Alors ça a marché pour le mieux finalement. Et pour l’histoire, nous sommes toujours en contact avec les ex-membres du groupe. C’est vraiment drôle, tous ces anciens membres à qui on parle encore. 

JK: Tu veux dire qu’être en tournée en permanence … c’est ce qui est le plus dur ? 

JB: Qu’est-ce qui est le plus dur quand on est en tournée ? 

JK: Est-ce que c’est ce qui consomme le plus d’énergie pour un groupe : les tournées ? 

JB: Je dirais personnellement que c’est l’aspect financier, s’inquiéter pour les commandes de t-shirt, l’argent pour acheter de l’essence qui n’arrête pas de monter … Et puis aussi s’inquiéter pour se rendre au prochain concert et payer pour les frais de stationnement … parce que ça ne me dérange pas du tout de rouler, de dormir dans un van, on s’habitue à force. Mais ce qui est dur ce sont les finances.  

JK: Est-ce que ta femme t’accompagne en tournée ? 

JB: Non, elle travaille … elle a un bon salaire et elle arrive à se débrouiller toute seule. Alors elle n’a pas l’occasion de venir avec nous sur la route. Quoique, elle va nous accompagner en week-end dans quelques jours, mais c’est tout. 

JK: Alors en gros, c’est elle qui ramène l’argent à la maison ? 

JB: Oui, elle est encore mieux qu’une mère poule.  

JK: Il y a une certaine idée répandue que les groupes gagnent bien leur vie en vendant des albums. Es-tu en train de dire que ce n’est pas vrai ? 

JB: Trop pas ! On doit encore dormir dans le van sans acheter à manger, espérant qu’il y aura un peu de nourriture pour nous dans la salle de concert. On ne gagne pas beaucoup d’argent. 

JK: Alors pourquoi tu fais de la musique ? 

JB: Pour moi personnellement, Dieu m’a donné – et plus ou moins à tous les gars du groupe – une énorme envie de le faire. Nous avons tous le talent et la capacité de le faire et Il nous a donné, à l’évidence, la volonté de le faire. Parce qu’avec toutes les difficultés et les problèmes que nous avons rencontrés sur notre route, nous les avons surmontés, réparés, résolus,  et on est toujours là. En définitive, pour cette réponse, il n’y a que Dieu comme explication. 

JK: Que fais-tu de ton temps quand tu ne joues pas de la musique ? 

JB: Jeux vidéo ! 

JK: World of Warcraft? 

JB: Non, notre joueur de basse joue à ça. Moi je joue à la PSP quand on est sur la route. 

JK: Et à quels jeux tu joues ? 

JB: Final Fantasy. 

JK: Quel passage des Ecritures t’as touché dernièrement ? 

JB: Romains 8:28. Je n’ai pas une très bonne mémoire pour le ressortir par cœur, mais c’est … pour tout ce que tu fais Dieu va l’utiliser pour le bien. Je me souviens toujours de celui-là. 

JK: Est-ce qu’il a changé quelque chose dans ta vie ? 

JB: Juste ma façon de voir les choses. Je prends les choses totalement différemment maintenant. Si quelque chose de mal m’arrive je me dis généralement qu’il y a une raison pour que ça m’arrive et comment Dieu pourra l’utiliser. Cette écriture est parfaite !  

JK: Ce que Dieu fait est parfait. 

JB: Exactement. 

JK: Comment est-ce que les lecteurs de Beehave et moi-même pouvons prier pour Kingston Falls ? 

JB: Santé et sécurité sont les éléments essentiels. Nous sommes bénis d’être restés en bonne santé aussi longtemps même quand nous sommes tombés malade ; nous sommes toujours vivants, on a la pêche et un gros moral. Et évidemment, quand on voyage autant, Dieu est la pour prendre soin de nous et nous tenir à l’écart des nombreux accidents qu’on aurait pu avoir dans le van. C’est chouette. 

JK: Nous avons presque fini. As-tu un dernier mot, quelque chose que tu aimerais dire à tous les fans qui vivent en France ? Une sorte de message spécifique pour notre pays ? 

JB: Hmm … laisse moi réfléchir un peu … je ne m’attendais pas à cette question. 

JK : Pas de problème, prends tout ton temps. 

JB : Je voudrais juste espérer que d’une certaine façon tout le monde puisse se tourner vers Dieu avec leurs problèmes. S’il y a quelque chose que je voudrais dire ce serait ça, et je suis sûr que je parle au nom du groupe également. 

JK: Se tourner à Dieu. Et tu disais tout à l’heure que tu n’étais pas du genre à prêcher ! 

JB: J’aurais bien répondu « Ecoutez notre groupe ! ». Mais s’il y a bien une chose dont je voudrais que les gens se souviennent est qu’ils se tournent vers Dieu pour leurs problèmes. 

JK: Ca me rappelle une dernière question. Qu’est-ce que tu voudrais que les gens pensent immédiatement quand le nom Kingston Falls leur vient à l’esprit ? 

JB: Qu’ils puissent apprécier la musique, apprécier le CD et entendre ce qu’il se passe et ce que nous avons à dire, tout en pouvant mettre le cd dans leur lecteur et c’est parti pour du rock ! 

JK: Rock & Roll ! Merci beaucoup Josh. J’aime beaucoup votre album et vous souhaite le meilleur, en espérant que vous en vendiez un paquet. 

JB: Merci pour le coup de main ! 

JK: On essaye autant qu’on peut. Tu vois, j’ai une politique bien précise pour le site. Et sa finalité est de proposer aux gens de la bonne musique, et ce n’est pas parce que vous êtes un groupe chrétien que je vais dire aux gens qu’ils doivent acheter vos albums. Je vais le dire parce que la musique est bonne. On ne dit pas que tous les groupes chrétiens devraient être dans les étagères de tous. Ce qui est important, c’est la qualité. Alors, vous avez un cœur pour Dieu et vous avez du talent. Du coup votre musique est de qualité et donc je dis que les gens devraient acheter votre album. 

JB: Merci … et bonne chance pour la suite ! 

JK: Et nous prierons pour vous. 

JB: Merci, nous aussi. J’espère que tout se passera bien !

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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Créé en 2007, Beehave est un webzine de rock / métal dont le but est de promouvoir des artistes chrétiens.

Le site est géré par une dizaine de bénévoles venant de tous horizons, partageant la même passion pour la musique.

Nous essayons, en fonction de notre temps disponible, de chroniquer les albums qui nous sont envoyés, de nous déplacer à des concerts pour réaliser des live-reports et des photos de concert, et de publier régulièrement des news et vidéos, permettant de découvrir de nouveaux artistes.

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