Kelsy Harelson (Deas Vail)

Interview avec Kelsy Harelson, batteur pour le groupe Deas Vail.

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Jérémie : Salut ! Peux-tu commencer par te présenter ?

Kelsy : Salut, je suis Kelsie, batteur pour le groupe Deas Vail, et j'ai 26 ans.

Jérémie : Nous avons vu deux de vos concerts lors du Cornerstone 2008, et je me demandais d'où tu tirais ton énergie pour jouer de la batterie de cette façon.

Kelsy : Jouer de la batterie, j'adore ça. J'ai l'impression que j'ai été conduit pour faire ça, j'y puise du bonheur plus que dans beaucoup d'autre choses, comme par exemple être assis à un bureau toute la journée. J'ai grandi dans la musique, en écoutant de la musique, en apprenant à en jouer et à en composer, alors c'est plus qu'un plaisir.

Jérémie : Ce que j'apprécie dans ton jeu est que tu tapes fort et vite, alors que la musique de Deas Vail est plutôt calme. Est-ce voulu, un tel décalage ?

Kelsy : Oui, j'ai une formation traditionnelle de batterie à l'école, en répétant des lignes de batterie au lycée, j'ai joué dans un groupe à cette époque, alors j'ai plus une formation technique qu'autodidacte. Alors j'ai transposé ça dans mon jeu avec ce groupe et j'ai envie de conserver ces beats rapides.

Jérémie : Comment as-tu rejoint le groupe ?

Kelsy : Je connais Wes depuis longtemps, je le connais depuis le lycée, on vient tous d'un petit bled dans l'Arkansas, avec un intérêt commun pour la musique, et on a fini par monter ce groupe progressivement.

Jérémie : Donc vous êtes tous les deux à l'origine du groupe ?

Kelsy : Nous deux et Laura Beth (clavier) oui.

Jérémie : Quand était-ce ?

Kelsy : En 2004. Nous avons fait notre premier concert   le 1er janvier 2004. Une date facile à retenir !

Jérémie : Qu'est-ce qui a changé depuis vos débuts ?

Kelsy : On a commencé juste pour jouer ensemble, et on a connu nos hauts et nos bas. On a commencé à jouer de manière locale, parce qu'on ne savait pas trop comment faire, mais pour arriver où on en est actuellement on a du mettre pas mal de choses de côté, comme l'école, les familles et les amis, ça nécessite un pas de foi pour le faire ! Et pour finalement y prendre du plaisir. Notre but en tant que groupe est d'aller sur scène et d'inspirer les gens, si possible. C'est ce qui nous motive depuis longtemps, alors on espère que ça va continuer.

Jérémie : Vous recevez de très bonnes critiques dans la presse spécialisée. Est-ce que vous les lisez ?

Kelsy : Complètement, on lit ce qu'ils disent ; s'ils disent du mal, on essaie d'être tolérants, ils sont responsables de leurs avis, mais oui c'est fun de lire les chroniques, c'est important pour le moral du groupe d'entendre de bonnes choses, plus ou moins.

Jérémie : Et que se passerait-il si vous n'aviez que des mauvaises critiques pour un nouvel album ?

Kelsy : Et bien j'imagine qu'on devrait continuer ... mais nous sommes confiants qu'on est meilleurs que ce qu'on a déjà montré. Mais si tel était le cas, ça nous motiverait. Personnellement ça me motiverait à plus travailler.

Jérémie : Que peux-tu nous dire sur votre dernier album, Birds & Cages ?

Kelsy : Wes s'occupe de toutes les paroles, je ne peux pas trop dire grand chose à ce sujet, mais cet album est bien plus ouvert et honnête, pas dans le sens où on ne l'était pas dans notre premier album, mais plus dans le sens ou on y parle plus de nous même et de ce qui nous est arrivé ces dernières années. D'une manière générale il est plus cohérent dans ses textes car on l'a écrit dans une période de temps plus courtes, alors que le premier était écrit sur une période s'étalant sur plusieurs années. La on l'a écrit en moins de six mois, et on est plus mûr en tant que groupe.

Jérémie : Les paroles sont comme sur le premier album, assez obscures, dans le sens difficiles à comprendre. C'est une volonté ?

Kelsy : Oui, c'est la façon d'écrire de Wes, très poétique. Il aime faire deviner les gens, mais en même temps cela a un sens particulier pour lui, mais peut avoir plusieurs significations pour d'autres. Les gens peuvent les interpréter comme ils le veulent, en fonction du chant. Le style reste le même. C'est important pour nous de trouver de l'élégance à la fois dans les textes et dans la musique.

Jérémie : Tu es à un poste ou tu es cantonné au fond de la scène. Cela ne t'affecte pas trop de ne pas pouvoir trop interagir avec le public ?

Kelsy : C'est marrant car j'en parlais l'autre jour avec quelqu'un. Ce n'est pas tant que je ne puisse pas me lever et interagir avec le public. Mais dans ma position, je suis sur une estale, et je peux ainsi voir tout le monde. Parfois c'est intimidant, car tout le monde te voit, mais en général sur les scènes plus larges c'est plus simple, et je peux apprécier le fait qu'il y ait autant de monde devant, tous ensemble, et c'est génial. Moi j'apprécie le fait que je puisse apprécier le spectacle sans pour autant ressentir le besoin d'entrer en relation avec le public.

Jérémie : Vous êtes sur un créneau musical assez particulier, dans lequel il y a peu de groupes. D'ou vient cette idée de jouer ce genre musical ?

Kelsy : On vient tous d'univers musicaux différents. Wes vient d'un milieu plutôt folk, bluegrass. Laura-Beth a fait du piano classique, et à cela on ajoute la musique qu'on a grandi avec, et tout se mélange dans notre propre son, qui est en constante évolution. Nous ne voulons pas être le genre de groupe ou, quand tu mets un cd dans ton lecteur, tu sais exactement ce que tu vas avoir car il ressemble à tous les autres albums du groupe. Nous voulons avoir une expérience différente pour chaque chant.

Jérémie : Les différences sont notables concernant les guitares, qui sont un peu plus heavy par rapport au premier album.

Kelsy : C'est dû au fait qu'on a changé de guitariste entre les deux. L'ancien était bien plus classique, qui écrivait tout ce qu'il faisait. Le nouveau est moins ancienne école, du coup ça se transpose dans le son avec de la guitare saturée, un son plus puissant sur certains passages.

Jérémie : Au niveau vocal, Wes a une voix très aigue....

Kelsy : Oui, il est très talentueux, il a une formation de chant classique.

Jérémie : Si le groupe s'arrêtait, tu ferais quoi ?

Kelsy : Je ne sais pas, ça dépend de quand. On n'est pas près de s'arrêter, mais si jamais c'était le cas, je retournerai à l'école, et resterai dans le milieu de la musique. Un truc solo, ou dans le business de la musique.

Jérémie : Un truc solo, pour un batteur ?

Kelsy : (rires) pas pour moi, mais par exemple si Wes faisait un truc solo, je pourrais l'accompagner. Mais on s'arrêtera quand on se dira que notre temps est venu.

Jérémie : C'était comment de travailler avec l'ancien guitariste de DC Talk (le patron de leur ancien label) ?

Kelsy : Il est très talentueux, avec beaucoup de connaissance. Notre guitariste lui a beaucoup demandé de conseils car il a grandi en l'écoutant jouer. C'était surréaliste parfois, mais c'était une bénédiction d'avoir le plaisir de le cotoyer.

Jérémie : Quand quelqu'un pense à Deas Vail, à quoi voudrais-tu qu'il associe ce nom ?

Kelsy : Et bien le nom est une variante phonétique d'un mot latin et d'un mot de vieux français : "veil", ce qui signifie "servir". Et pour Deas, nous l'avons volontairement mal écrit pour que ce soit plus facile à prononcer, à la base c'est Deus, ce qui signifie Dieu en latin. Donc notre nom signifie "Serviteur de Dieu". Et c'est notre but : servir Dieu.

Jérémie : Je ne connais pas ce mot, ça doit être du très vieux français, faudra que je me renseigne.

Kelsy : Oui, regarde, c'est Wes et notre ancien guitariste qui l'ont trouvé dans un livre, quand ils cherchaient des noms pour le groupe. Puis ils ont trouvé Deus, et ont mis les deux ensemble.

Jérémie : Ca sonne bien en tout cas.

Kelsy : Oui, on l'a choisi pour une raison, c'est aussi pour que les gens nous posent des questions à son sujet, ça ouvre des portes pour leur dire qui ont eux. Pas pour leur imposer ce qu'on croit, mais pour leur faire savoir ce en quoi on croit et pourquoi on fait de la musique.

Jérémie : Et en plus ce n'est pas un nom susceptible d'effrayer les non croyants.

Kelsy : Non, eux ils se moquent du nom. On voulait juste que ça ne crée pas de barrière, on crée de la musique pour tous ceux qui l'apprécient.

Jérémie : Et vous le faites bien.

Kelsy : Merci !

Jérémie : Le dernier mot est pour toi, qu'as-tu à dire à tes fans français ?

Kelsy : On aimerait venir bientôt ! Je ne sais pas quand on en aura l'occasion, mais c'est quelque chose qu'on aimerait vraiment faire, une tournée européenne, car on sait qu'on a des fans la bas.

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Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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