Andy Atkins // A Plea For Purging

La sortie du dernier album d'APFP fut l'occasion d'interviewer Andy Atkins, le chanteur du groupe.

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Jérémie : Salut Andy, est-ce que tu peux te présenter ainsi que tes acolytes ?

Andy : Je m'appelle Andy Atkins. Je chante et suis le plus gros mec encore en vie. J'ai trois amis qui se placent derrière moi sur scène : John joue de la basse, Aaron de la batterie, et Blake de la guitare. Ensemble nous sommes A Plea for Purging.

Jérémie : Quelle est l'histoire du groupe ?

Andy : Nous sommes une bande de gamins qui avons réalisé que seuls, nos pouvoirs ne valaient rien, mais que mis ensemble nous pouvions conquérir le monde, ou du moins un petit coin d'Amérique. Nous avons commencé à jouer des concerts et faire des tournées dans le pays, puis finalement le monde. Au final nous sommes quatre amis qui aimons jouer de la musique ensemble. Voila pour l'essentiel de l'histoire.

Jérémie : Qui a eu l'idée d'appeler le groupe de cette façon, est-ce qu'A Plea For Purging signifie quoi que ce soit ? Et qu'est-ce qui doit être purgé ?

Andy : Blake a eu l'idée du nom il y a bien longtemps. Chacun a ses démons, tout le monde est hanté par quelque chose qui l'empêche de vivre à son plein potentiel. On essaie tous d'être meilleurs et de nous débarrasser de ces trucs. Voila notre plaidoyer pour purger (A Plea For Purging).

Jérémie : Votre dernier album, The Life and Death of APFP, vient de sortir. Comment le décrirais-tu ?

Andy : Je dirais que c'est quatre jeunes hommes en recherche de leur place dans un monde d'adultes après avoir accompagné leur rêve d'adolescent à l'âge adulte, le tout avec une touche de Deftones.

Jérémie : Sur vos deux derniers albums, les thèmes généraux semblaient s'opposer (enfer / ciel, vie / mort). Est-ce une preuve de votre maturité en tant que membres de groupes et en tant qu'individus ? En d'autres termes, est-ce que tu penses que grandir vous a fait réaliser dans quel type de monde vous vivez ?

Andy : L'art d'un individu reflète son cheminement, sa maturité, et sa place dans la vie. Notre musique raconte notre histoire, mon histoire. Nous avons fait de notre mieux pour le faire avec honnêteté et être ouverts vis à vis de nos fans quant à ce qu'il se passe dans nos esprits. S'il n'est pas honnête, l'art n'est qu'artificiel. Tu peux dire que je suis un mec partagé, qui ne sait pas exactement quelle est sa place. Tu pourrais croire qu'à 30 ans j'aurais passé ce moment... On dirait qu'on ne s'arrête jamais de chercher.

Jérémie : Comment s'est passée l'écriture de l'album ? Tout le monde écrit ensemble, ou juste une partie d'entre vous ?

Andy : Tout le monde a un rôle différent : Blake et Aaron composent la plupart de notre musique. Cette musique doit me parler et m'inspirer pour l'écriture des textes. John ajoute ses pensées au résultat, ses opinions, ses critiques. On modifie quelques trucs et puis on enregistre les jams heavy.

Jérémie : On dirait que l'album est séparé en deux, avec une deuxième partie bien plus mélancolique. En se basant sur le nom de l'album, est-ce une sorte de chant du cygne, avec une séparation du groupe imminente ?

Andy : C'est dingue ce que le titre d'un album peut faire : internet crie à la tragédie jusque de ce côté de l'océan atlantique. APFP ne se sépare pas, nous n'avons pas prévu de changement pour le moment. Nous serons un groupe pour toujours.

Jérémie : Quels sont les thèmes de l'album alors ?

Andy : J'ai pas mal vécu, des hauts, des bas, et j'ai vu beaucoup de morts. J'ai choisi cette vie mais maintenant elle ne me laisse pas partir : c'est une réalité amère avec laquelle je dois vivre. Voila de quoi parle cet album.

Jérémie : Quel est ta piste préféré ?

Andy : J'aime énormément The Setting Sun. Je ne suis même pas dessus. Il est super court,complètement différent de la plupart de nos morceaux, mais je crois que Blake a vraiment dit ce qu'il y avait à dire, et d'une façon si simple. Je l'aime énormément. Je suis honoré d'être dans un groupe avec des mecs aussi talentueux. En plus, je peux écouter ce morceau en tant que fan ,vu que je ne suis pas dessus.

Jérémie : Avez qui l'avez-vous enregistré, et pourquoi lui ?

Andy : Avec Josh Schroeder au Random Awesome Studio à Bay City, dans le Michigan. Il jamme plus fort que tous les autres et est sympa en plus.

Jérémie : Comment tu décrirais votre son à quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de vous ?

Andy : Un gars vraiment gras, un gars plus ou moins gros, un juif et un hipster qui se mettent ensemble et arrivent à écrire du métal, le tout donnant un mix entre Radiohead, Deftones, et Meshuggah.

Jérémie : On a parlé plus tôt de maturité et de grandir. Mais il y a une chose qui ne change pas et qui peut s'observer dans vos vidéos : vous êtes une bande de dingues. Genre sur la dernière : une soirée pyjama ? C'est juste ridicule, qui a eu cette idée géniale ? Et pourquoi ce besoin de faire des vidéos pareilles ?

Andy : Ça fait longtemps que notre batteur Aaron essayait de nous faire tourner une vidéo et enregistrer un album sur le thème d'une soirée pyjama. On n'a pris que l'idée de la vidéo, et le résultat est incroyable. On est juste une bande d'abrutis qui ne se prend pas trop au sérieux. On n'essaie pas de tromper les jeunes en leur faisant croire qu'on est mystérieux, sombres et durs en jouant dans un vieux entrepôt mal éclairé ou dans un terrain boueux quelque part. On est juste des mecs qui n'ont pas de boulot et qui aimons péter.

Jérémie : Ça vous arrive de vous censurer ? Quelle était la dernière idée que vous avez mise de côté, de peur de choquer certaines personnes ?

Andy : Tout le temps. On est sans cesse obligés de nous censurer parce que les fans n'arriveraient juste pas à comprendre l'humour derrière certaines choses, et je pense que c'est pour le mieux. Mais je vais garder ces secrets pour le moment.

Jérémie : Quand je parlais de "certaines personnes", je faisais référence aux "chrétiens" qui sont toujours prompts à juger dès que quelqu'un dit ou fait quelque chose qu'ils n'estiment pas juste. Est-ce que vous vous trouvez souvent au milieu d'une discussion houleuse en raison de votre comportement sur scène ou sur vidéo ? Qu'est-ce que tu réponds en général ?

Andy : On ne nourrit pas vraiment ces conversations. On laisse passer l'orage.

Jérémie : Est-ce que vous considérez vos activités au sein du groupe comme un ministère ?

Andy : Bien sûr. Nous sommes là pour aider les autres dans la vie. J'espère qu'ils sont la pour nous aider également. On est tous dans le même bateau. La vie est un ministère, j'imagine.

Jérémie : Qu'espère-tu apporter à ceux qui sont perdus grâce à ta musique et ton groupe ?

Andy : J'espère que quiconque écoute notre musique voit l'honnêteté qui est derrière elle et peut en recevoir une sorte d'encouragement, quel qu'il soit.

Jérémie : Quel est ton avis sur la soi-disant scène métal chrétienne ?

Andy : "The Marriage of Heaven and Hell" est sur iTunes !

Jérémie : J'imagine que vous allez faire des tourner pour faire la promo de votre album. Vous allez venir un jour en Europe, ou en France ?

Andy : On fait tout ce qu'on peut pour venir en Europe et en France pour la première fois. Je promets qu'on essaye.

Jérémie : Quel type de relations entretenez vous avec votre label Facedown Records ?

Andy : Dans nos rapports, l'amitié passe d'abord, et le business après. Jason et l'équipe nous traitent vraiment comme de la famille. Avoir ces personnes dans ma vie est un vrai plus. Que le groupe continue dans le futur ou non, j'aurai créé avec eux des amitiés durables.

Jérémie : Comment en êtes vous arrivés à signer avec eux ?

Andy : J'ai envoyé un mail à Jason en lui demandant de distribuer nos vieux EPs sur son site. Il a répondu non mais nous a proposé de signer. J'ai trouvé que c'était un compromis plutôt acceptable ! (rires)

Jérémie : Si je ne me trompe,  The Life and Death est votre dernier album avec eux... Allez vous re-signer ou changer de label ?

Andy : En fait, MARRIAGE était le dernier album sur notre contrat. Techniquement, nous avons été indépendants pendant un court laps de temps. Nous avons parlé à quelques autres labels, mais  rien de ce qu'ils proposaient n'était comparable à ce que nous avons avec Jason et Virginia. Donc nous avons re-signé avec Facedown pour cet album, et pour l'instant nous sommes impliqués et plus que contents de ce partenariat. Personne ne sait ce que l'avenir nous réserve. Nous resterons probablement dans le label jusqu'à ce que Jason nous haïsse ou que quelqu'un nous offre genre un million ou un milliard de dollars.

Jérémie : Parlons un peu de toi Andy. Que ferais tu en ce moment si tu n'étais pas musicien ?

Andy : Honnêtement je ne me considère même pas comme un musicien : je ne fais que crier très fort sur de la vraie musique faite par de vrais musiciens (rires). Je n'ai aucune idée de ce que je ferais... C'est une pensée assez angoissante à vrai dire : je n'ai pas vraiment de talent particulier qui me permettrait de rebondir, je ne suis jamais allé à l'université... Je ne serais pas contre ouvrir un café/restaurant un jour. J'aime aussi la moto. J'aimerais apprendre à travailler dessus, peut-être quand je serais vieux !

Jérémie : Comment en es tu arrivé à la musique ?

Andy : J'ai écouté du Nirvana et j'ai su que c'était ce que je voulais faire. Je voulais créer avec les gens le même lien que j'avais avec Cobain, et j'essaie de faire ça depuis que j'ai 13 ans.

Jérémie : Que fais tu lorsque tu n'es pas avec le groupe ? As tu un travail ?

Andy : Cet été j'ai beaucoup fait de moto. Généralement je passe la journée avec ma copine, je n'ai pas vraiment d'autre job que le groupe. De temps en temps j'enregistre quelques trucs pour m'amuser : Aaron et moi avons un projet d'enregistrer quelques pistes hip-hop, ça m'occupera un peu.

Jérémie : Quels groupes ou artistes ont le plus d'influence sur toi ?

Andy : Nirvana, Smashing Pumpkins, At the Drive-In, Zao, Sigur Ros, Explosions in the Sky, Deftones.

Jérémie : Quel genre de conseils donnerais tu à un jeune groupe français qui souhaiterait percer ?

Andy : Déjà, ne vous prenez pas la tête à vouloir à tout prix « percer ». Jouez avec passion, écrivez avec conviction. Soyez honnête dans votre art. Tout le reste viendra de soi. Profitez de votre jeunesse et de celle de votre groupe. Avant que vous ne le sachiez, vous serez vieux et déprimés par l'industrie musicale. Gardez votre intégrité.

Jérémie : As tu des intentions de prière particulières ?

Andy : Priez pour que Dieu ouvre les nuées et nous parle en personne, réponde à nos questions. Cela serait utile.

Jérémie : Quand le nom de ton groupe vient à l'esprit de quelqu'un, que voudrais tu qu'il/elle pense ?

Andy : Alien Pizza a plea_for_purging_small!

Jérémie : Un dernier mot ?

Andy : Fête !

 

Traduction : Augustin

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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