My Ransomed Soul - Brendan Frey

En prévision de la sortie de leur prochain album Trilateral, qu’ils sortent de manière indépendante après avoir été signé sur le label Red Cord Records, voici une interview réalisée avec le chanteur de My Ransomed Soul, Brendan Frey. 

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Jérémie : Comme c’est la première interview que tu fais pour un media français, je te propose de commencer par l’habituelle suite de questions concernant la formation du groupe : qui l’a créé, et quand ?

Brandan : Le groupe a débuté en 2007 quand mon frère, un de nos meilleurs amis, et moi-même avons décidé de commencer à faire de la musique ensemble. Nous avons progressé doucement, sans définir notre son. Il nous aura fallu plusieurs années avant de nous mettre sérieusement à faire des concerts et des tournées dès qu’on pouvait. Depuis ce moment nous avons connu plusieurs changements de membres. Actuellement mon frère Garrison et moi-même sont les seuls membres originels du groupe.

Faire partie d’un groupe était-ce quelque chose que tu avais prévu – voire même rêvé – quand tu étais jeune ? Avais-tu d’autres plans, par exemple une solution de secours que tu as peut-être toujours ?

 J’ai toujours voulu faire de la musique et partir en tournée. J’adore voyager, alors combiner musique et voyage était mon choix de carrière parfait. En grandissant j’ai pu réaliser combien il était difficile de réussir dans l’industrie de la musique, alors c’est devenu un exutoire personnel à présent, plutôt qu’un choix de carrière. J’ai toujours eu un intérêt particulier à travailler avec les ordinateurs, alors c’était mon plan de secours. Et à présent je travaille en tant qu’informaticien. Mon implication dans le groupe est plutôt à mi-temps.

Quelle est l’idée derrière le nom du groupe ? A quoi souhaitez-vous que les gens pensent quand ils entendent votre nom, et votre musique ?

Quand nous avons commencé, tous les membres du groupe étaient chrétiens. Nous voulions quelque chose qui mettait en évidence notre foi, et parmi toutes les propositions il y avait un nom qui se détachait. « My Ransomed Soul » est en fait une ligne tirée d’un vieil hymne intitulé "Come Thou Fount of Every Blessing" (Toi la source de mon Bonheur). Même si le groupe n’est pas un groupe « chrétien », ma foi est toujours une part importante de ma vie et ça se reflète dans mes paroles.

Concernant ce que je voudrais que les gens pensent quand ils entendent le nom de mon groupe ou notre musique, je voudrais qu’ils pensent à un groupe qui continue de travailler dur en vue de se surpasser lors de chaque album. En tant qu’artiste, tu es supposé progresser avec ton son, et c’est quelque chose qu’on essaye d’accomplir à chaque fois.

Jusqu’à présent, quelle fut la plus grande difficulté que vous avez dû affronter en tant que groupe ? Comment l’avez-vous gérée ? As-tu des regrets quelconques ?

Nous avons eu toutes sortes de difficultés le long des années, comme des changements de membres, du manque de budget ou de temps, des véhicules qui tombaient en pannes, des tournées annulées … Mais nous n’avons rien vécu de différent par rapport à n’importe quel autre groupe, bien qu’au bout d’un moment toutes ces petites choses s’additionnent. Je n’ai pas de regrets particuliers, mais avec le recul il y a pas mal de choses que j’aurais fait différemment, si j’avais su.

Vous êtes sur le point de sortir votre troisième album, Trilateral, dans quelques semaines. Comment le décrirais-tu, et dans quelles proportions est-il différent de ce que vous avez déjà sorti auparavant ?

Pour moi Trilateral est l’évolution créative de notre dernier album. Quand nous avons sorti Falsehoods en 2013, nous ressentions tous que c’était le premier album qui représentait le son que nous recherchions. Il était brutal, dépouillé, pas innovant, mais solide de bout en bout. Nous sommes toujours fiers de cet album aujourd’hui. D’un autre côté, Trilateral est bien plus créatif et passionné comparé à tout ce que nous avons sorti jusqu’à présent, qu’il s’agisse d’albums, EPs, ou encore démos. Je pense qu’il est également bien plus réfléchi et agressif.

Dans l’univers chrétien, tout ce qui comporte la notion de triple est généralement lié à la trinité. Que signifie ce nom pour vous ?

Oui c’est évidemment quelque chose que je conçois, surtout vu que la définition de trilatéral implique trois côtés, trois parties, ce qui pourrait clairement faire référence à la trinité. Pour nous, ce terme possède une signification plus étendue, qui a trait au symbolisme ancien et ses relations avec les pouvoirs en place qui ont dirigé l’humanité au travers de l’histoire. C’est quelque chose qui m’a toujours fasciné. J’aime incorporer dans nos chansons ce genre de sujets qui ne sont pas très populaires pour la plupart des artistes qui jouent le même style de musique que nous.

Concernant les paroles, dès la première chanson “Mockingbird” il y a cette ligne qui encourage vos auditeurs à “tout remettre en question”. Puis il y a le single Monarch dans lequel vous semblez dénoncé la brutalité policière et la tyrannie en général, avec la ligne "All hail the tiranny" (vive la tyrannie). Pourrais-tu élaborer un peu ces concepts, le message général que tu souhaites passer, et pourquoi tu abordes ces sujets, qui ne sont pas très populaires chez les chrétiens ?

J’ai écrit le chant Mockingbird pour dénoncer l’existence d’un but cache qui gère les medias de masse. La perception du grand public est clairement influencée par ce qu’il voit au JT, par ce qu’il peut lire en ligne ou dans les journaux quotidiens. Je crois que le gouvernement joue un rôle important dans la manipulation de l’information pour arriver à ses fins. Compare la façon dont les médias américains et les médias étrangers traitent les informations et tu verras de flagrantes différences. Le titre « Mockingbird » provient en fait d’un vieux programme de la CIA à présent rendu public, appelé « Opération Mockingbird », dont le but était d’influencer les médias dès le début des années 1950.

Quand j’ai écrit Monarch j’étais intéressé par le problème posé par un contrôle gouvernemental excessif. Le vidéo clip pour la chanson présente principalement des vidéos de brutalité policière parce que c’est l’exemple parfait des conséquences d’une puissance gouvernementale excessive. La raison pour laquelle ce chant s’appelle Monarch est parce qu’il existe un programme appelé « Project Monarch ». On n’a pas beaucoup d’informations sur ce dernier, certains remettent même en doute son existence, mais selon certains il s’agirait de la suite du programme MKULTRA, qui est également un programme déclassifié de la CIA qui expérimentait sur le contrôle de l’esprit des populations, ce qui pour moi est une représentation claire des actions d’un gouvernement envahissant.

Je traite de ces thèmes dans mes paroles parce que j’I l’impression qu’ils sont négligés par la société dans son ensemble. Les peuples ont ignoré les problèmes au sein de leurs propres gouvernements. J’ai le vif souhait que les gens commencent à regarder au système dans lequel ils vivent avec un regard sceptique et commencent à poser les questions qui fâchent.

J’apprécie particulièrement le break du chant “Reflection”, il me rappelle du bon vieux hard rock. C’est un moment assez unique dans l’album et de fait il se dégage facilement. Pourquoi l’avoir ajouté ?

Merci ! C’est quelque chose que notre producteur Chris Galvez a travaillé avec nous dans le studio. Il n’y a pas vraiment d’histoire spécifique à ce sujet, sinon qu’on trouvait que ce serait une transition assez unique pour ce chant. En dehors de ça c’était plus une impulsion du moment qu’autre chose.

Vous étiez sous contrat avec Red Cord Records auparavant, sur lequel vous avez sorti votre précédent album. Pourquoi les avoir quittés ? Est-ce mieux d’être indépendants que signés sur un label pour vous ?

Il y a plusieurs différentes explications concernant notre départ. Mais pas de dispute ou de claquage de porte, mais une séparation à l’amiable. C’était pour le mieux. Nous sommes bien plus heureux en étant des artistes indépendants, cela nous permet de tout faire à notre façon.

Nous avons pratiquement terminé. Je te propose de partager quelque chose pour la France. N’hésite pas si tu as des requêtes de prières particulières, ou un message à faire passer à notre pays !

A tous ceux qui nous écoutent en France, je vous dis merci. Je n’ai jamais imaginé que notre musique puisse un jour traverser les frontières, mais visiblement c’est le cas. Merci pour tout votre support.

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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