Solid Festival 2008

Bülach, samedi 1er Novembre, environ 13h. La quiétude de cette petite bourgade située en périphérie de Zurich est sur le point d'être perturbée par des hordes de jeunes venus des environs, et se dirigeant vers la « Stadthalle » de la ville. Les files d'attentes commencent à se former à l'extérieur de la salle communale et, au plus fort de la soirée, la capacité totale de l'enceinte - 2000 places - sera presque atteinte.

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Car le programme qui les attend est digne des meilleurs festivals et, bien que tous les jeunes, quelles que soient leurs croyances, sont la cible de l’évènement, ce n’est pas tous les jours que Spoken, Sonicflood, Falling Up ou encore John Reuben viennent se produire en Suisse Allemande, voire tout simplement en Europe. Et c’est la prouesse réalisée par les organisateurs du Solid Festival, dont c’est la première édition.

PulzIl est 14h30, et les concerts vont pouvoir commencer. L'honneur d'ouvrir le bal revient à Pulz, le régional de l'étape. Ce groupe formé à Zürich se retrouve ainsi avec la lourde tâche de chauffer le public, encore peu nombreux à cette heure, mais s'en est admirablement sorti, possédant visiblement son fan club et utilisant la même formule qui lui a permis d'être vainqueur du plus grand concours musical de Suisse Allemande. Ils proposent de la musique taillée sur mesure pour un public Suisse (et) Allemand, typiquement local et difficilement exportable.

Bien qu'également helvètes, leurs successeurs ont quand à eux plutôt importé leur style d'outre Atlantique en proposant un une louange rock à l'américaine à la David Crowder Band. Ce genre étant bien populaire auprès du (jeune) public présent, cette formation intitulée Connection à idéalement entrainé tout un chacun dans un moment de louange et d'adoration qui aura aussi duré une bonne demi-heure.

October LightNouveau changement de registre accompagné cette fois d'un dépaysement géographique avec la montée sur scène d'October Light. Et si le Ska et ses dérivés est mort aux USA depuis une demi douzaine d'année, la nouvelle n'est pas encore arrivée en Croatie, pour le plus grand bonheur de toutes les âmes présentes dans la salle, moi le premier. Leur performance de haute voltige - malgré l'immobilisme du guitariste et du bassiste ; que quelqu'un leur achète un sourire - place le ska comme remède immédiat et radical contre l'immobilisme. Le recueillement de Connection a fait place au défoulement, même si nous n'avons pu observer qu'une courte partie de leur show, pour cause d'interview programmé avec Spoken.

MammuthRésolument plus agressifs, à commencer par leur look plus proche de Korn que de Five Iron Frenzy (RIP), les suédois de Mammuth ont fait comprendre dès leur sound-check qu'ils étaient venus pour ne laisser aucun répit  aux spectateurs. Malheureusement, une sono mal réglée et empêchant de distinguer la voix du chanteur parmi le flot de guitares ne me fit point passer un bon moment en compagnie des compatriotes de Blindside, dont les ressemblances sont évidentes sur quelques titres. La comparaison n'est cependant valable que sur les titres les plus mélos de ces derniers, Mammuth jouant un émo rock qui se rapproche plutôt de Deftones, avec parfois l'intensité de Whitecross époque Equilibrium.

A suivre : John Reuben, Falling Up, The OC Supertones, Sonicflood et Spoken.

Les festivals de ce genre ne peuvent aujourd'hui se concevoir sans une armada de partenaires tenant chacun un stand. Etant gêné par ce son désagréable, j'en ai profité pour faire un tour de table, de constater que le prix des cds n'est pas plus avantageux qu'en France (28 CHF en moyenne pour un album), puis j'ai tenté d'aller me reposer dans le lounge bar aménagé à l'étage en attendant que mes collègues (Christelle et Phillip) ne reviennent de leur interview de Falling Up. Peine perdue,  la salle était bondée. Soit les gens attendaient l'extinction des Mammuths (j'étais obligé de la faire), soit cette foule était amassée pour assister à l'interview public de Sonicflood qui suivi leur session acoustique. Chaque groupe se plia à l'exercice, mené de main de maitre par un animateur facétieux posant des questions aussi drôle que ridicules et en proposant des défis aux groupes, comme de faire gargariser un membre et tenter de faire deviner aux autres le chant qu'il a joué. Tout cela devant un public conquis et aux anges.

johnreuben.jpgJohn Reuben étant déjà venu deux fois en Suisse, il arrive avec l'avantage d'être connu et apprécié pour ses performances scéniques entrainantes. Et vu la tournure de son concert, cela n'aurait rien changé s'il ne s'était jamais déplacé de ce côté des alpes : John Reuben est un showman, un pur, capable d'électriser une foule et de jouer avec elle comme un enfant déplace des jouets selon son bon plaisir. Son jeu de scène, ses mimiques, la façon qu'il a de s'exprimer sans parole ne peuvent laisser de marbre même ceux qui n'ont pas d'affinités avec sa musique.

Falling UpC'était ensuite au tour de Falling Up de monter sur scène. Suite à l'interview qu'ils nous ont donnée plus tôt dans la journée il était clair que ce groupe ne s'occupe que très peu du public présent devant lui et que ce qui importe est de jouer. La façon dont les deux claviers étaient placés, à savoir perpendiculairement à la scène, ne permettait de toutes façons pas aux musiciens, chanteur compris, d'être en contact visuel direct. Leur performance fut correcte et fut plus du goût des autres que du mien.

Tout le contraire de The OC Supertones, ou plus exactement du chanteur originel Mojo accompagné des musiciens d'October Light, vus quelques heures auparavant. Le ska est plus que ressuscité ! J'ai eu la chance de voir The OC Supertones en 2000 en compagnie de Five Iron Frenzy, et j'ai pu observer les mêmes comportements dans la foule : ça saute de partout, des chenilles se forment à droite à gauche, jeunes et vieux dansent de joie, cette musique personnifie le bonheur et la bonne humeur ! La plupart des meilleurs titres du groupe furent joués lors de cette soirée auxquels Mojo a ajouté deux chants de son album solo, sensiblement moins funs.

Il était près de 23h quand les Supertones ont quitté la scène. La fatigue commençait à se faire sentir et il restait encore deux concerts au programme. Sonicflood fut le premier d'entre eux et ont occupé la foule pendant plus d'une heure de leur louange teintée de pop rock. La salle était à ce moment pleine d'un public conquis.  Fatigués par cette longue journée, nous sommes allés nous reposer dans le lounge, où nous avons retrouvé Matt Baird, le chanteur de Spoken, encore plus épuisé que nous, et pressé d'aller au lit. Sympathique moment qui fut suivi par une discussion avec le batteur de Jon Reuben.

spoken_solid-festival_01-10-2008_00Vers 1h du matin - soit près de ¾ d'heure de retard sur le programme initial - Spoken venait enfin jouer devant nous. Vu l'heure plus que tardive la majorité du - jeune - public s'en était allé, et a donc raté le set d'une courte demi-heure qui était autorisé au groupe américain, couvre-feu oblige. Qu'à cela ne tienne, ceux présents ont pris leur pied, mais pas autant que Jef le guitariste qui s'est pris le sien dans son câble et qui finit par terre en pleine chanson. Plus de peur que de mal et History Erased fut accompagné d'autres des meilleurs titres du groupe.

 

C'est sur ce concert de Spoken que s'est achevé cette première édition du Solid Festival. Un évènement qui porte bien son nom : solide sur toute la ligne. Organisation, artistes, animation, innovation, tout était à la hauteur. Félicitations aux organisateurs, merci, et à l'année prochaine !solid_festival

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Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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