Cornerstone Festival - 25 ans de musique !

Sans comparaisons possible avec ce qui se fait en France voire en Europe, le festival Cornerstone est une véritable institution outre-Atlantique, et appartient au cercle très fermé des festivals de musique chrétienne les plus importants du monde. Le festival fêtait en 2008 ses 25 d'existence ans avec une édition anniversaire à laquelle Christelle et moi avons eu la chance d'assister.

Grosses affluences, présence de la plupart des meilleurs artistes de cette culture, et, forcément, une des plus grosse influence auprès des jeunes. Plus de 10.000 d'entre eux se déplacent chaque année à côté de Bushnell, bourgade perdue au milieu des USA, et les organisateurs - JPUSA - font leur maximum pour que l'expérience reste unique pour tout un chacun. Au programme des concerts bien évidemment, mais également des conférences, tentes de prières, et de quoi se vider les poches et remplir ses valises avec des t-shirts à l'effigie des groupes ou du festival et des cds à prix réduits.

Bien sûr, la musique reste le premier produit d'appel de Cornerstone, et encore une fois plus de 300 artistes ou groupes s'étaient donnés rendez-vous sur les différentes scènes que comprend le festival. Calcul simple : 5 jours, une dizaine de scènes, parfois deux concerts par groupe, cela donne pas loin de 40 concerts par jour, et encore, ce sont les données officielles ne tenant compte que des scènes directement gérées par JPUSA. Cela ne tient donc pas compte des différentes scènes annexes, ni des "Generators Stages", scènes improvisées par tout un chacun, sous réserve d'avoir un groupe électrogène, c'est plus qu'il n'en faut pour repartir avec le plein de souvenirs et d'émotions.

Année anniversaire
En 2008 se déroulait donc la 25ème édition du festival et, pour fêter l'évènement, de nombreux groupes phares de la scène chrétienne étaient de la partie. Demon Hunter, As I Lay Dying, mewithoutYou, Family Force 5, Flyleaf, The Chariot, The Classic Crime ou encore Still Remains pour son dernier concert ont tous répondu à l'appel.

Pour célébrer l'occasion, une soirée spéciale sera dédiée à l'évènement, et pendant plus de six heures vont défiler groupes mythiques et intervenants spéciaux, s'évertuant à divertir ou instruire l'auditoire présent. Des groupes ont même profité de l'occasion - et de l'invitation - pour effectuer des concerts "réunions", comme Resurection Band dont les membres se sont réunis pour l'occasion, près de dix ans après la fin officielle du groupe.

Le festival commence traditionnellement par le Tooth & Nail Day, où la majorité des artistes présents sur le label et sa filiale Solid State viennent se produire devant le public déjà présent. Malheureusement, le seul groupe que nous avons pu voir était The Classic Crime, étant arrivés peu de temps avant. La route est longue depuis Chicago où nous avions fait escale, et il nous a fallu pas loin de quatre heures pour rejoindre la petite bourgade de Bushnell, qui entre en effervescence chaque année à cette période. A peine le temps de récupérer nos badges, nos passes presse, et nous voila en train de planter la tente.

Les joies du camping

Le plein de toilettes Des toilettes à gogo
Car le camping joue un rôle prépondérant dans ce festival, et le choix de l'emplacement peut parfois conditionner le reste du séjour et l'appréciation générale de l'évènement, qui se déroule, rappelons le, sur quatre jours. Au niveau équipement, tout est fait pour assurer un minimum de confort. Un nombre impressionnant de toilettes est disséminé sur toute la propriété et sont nettoyées plusieurs fois par jour. Deux bâtiments abritent les douches, à éviter cependant à certaines heures de la journée, quand les filles d'attentes dépassent la dizaine de mètres. Et, enfin, un espace restauration proposait l'essentiel de la gastronomie américaine : frites, hamburgers et pizza trouvaient preneurs à toute heure du jour. Un magasin d'alimentation propose également toutes sortes de denrées, et surtout des cubes de glaces pour maintenir canettes et autres aliments au frais.

Le long chemin jusqu'au festival Le long chemin jusqu'au festival
Pour notre part, nous avons pris place dans un camping situé suffisamment loin des scènes pour ne pas être dérangés, mais ce choix ne s'est pas avéré payant : le premier jour nous avons parcouru au moins 15 km à pied : de long en large, il faut environ 30 minutes pour traverser tout le domaine. Il est possible de louer des cabs de golf, mais le prix est rédhibitoire (plus de $150 la semaine, si mes souvenirs sont bons). Niveau voisin, un couple très sympathique était à notre gauche, toujours prêts à dépanner et discuter quand nous étions à notre tente (rare !). Par contre à notre droite, un groupe de jeune. Impossible de dormir tard, les zoulous faisant partie de l'équipe de nettoyage du camp, debouts à 7 heure du mat tous les matins, et faisant un raffut pas possible jusqu'à plus de 8h du matin. Du coup, peu de repos pour nous pendant cette semaine ! Mais on en a bien profité.

Dominance du métalcore ...
Retour à la musique. Le reste du festival a été incroyable en qualité et en quantité. De nombreuses séries de photos sont à visionner sur le site, rendant témoignage des groupes que nous avons pu voir et entendre. Voici un petit listing rapide : As I Lay Dying, Becoming The Archetype, Children 18:3, Deas Vail, Family Force 5, Flyleaf, La Dispute, meWithoutYou, Resurrection Band, Skillet, Take It Back, The Famine, The Myriad, Thieves And Liars, Demon Hunter, Grave Robber, Gwen Stacy, Still Remains, The Chariot (mythique !!!), Wavorly, xDeathstarx, Flatfoot 56, The Wedding, et tant d'autres !

Et nous avons loupé les groupes suivants, qui se produisaient sur une scène pendant que nous étions en train de photographier ou d'interviewer d'autres groupes : Cool Hand Luke, A Plea For Purging, Haste The Day, Disciple, Ruth, Once Nothing, FBS, Jonezetta, Leeland, Hawk Nelson, The Almost, Anberlin, Run Kid Run, Kingston Falls (énorme regret de ma part), War Of Ages, Impending Doom, Means, For Today, Inhale Exhale, Living Sacrifice, et j'arrêterai la liste avec The Glorious Unseen ...

Homme-sandwich présentant le groupe With Blood Comes Cleansing Homme-sandwich présentant le groupe With Blood Comes Cleansing
Ce qui fait de Cornerstone le rendez-vous indispensable à ne pas louper, tant pour les fans que pour les groupes. Les premiers ont la une occasion quasi-unique de voir dans une même semaine tous ces groupes, et pour ces derniers, une occasion en or de gagner de nouveaux fans qui ne seraient peut-être pas déplacés pour les voir dans une situation différente. Car à environ 80€ l'entrée, c'est plus que raisonnable pour le nombre de concerts ! Dans cette optique, les groupes rivalisent d'imagination pour attirer le plus de monde lors de leurs concerts, avec l'espoir évident de pouvoir y vendre quelques cds et produits dérivés. C'est ainsi que nous avons vu bon nombre d'homme-sandwich arpenter les différents sentiers pour alerter les foules que l'heure de leur prestation approchait !

... Débouchant sur une overdose ...
Mais c'est également un des problèmes de ce genre d'évènement : l'overdose. Une semaine de concerts quasi non-stop, durant laquelle les seules accalmies sont entre 2h et 10h du matin, c'est l'assurance d'être en permanence entouré par de la musique. Et deux facteurs viennent expliquer la dominance des groupes de métalcore sur les autres styles de musique.

Des sonos impressionnantes Des sonos impressionnantes
Premièrement, la programmation officielle. Cornerstone est, qu'on le veuille ou non, un festival à but lucratif. Ses organisateurs n'ont aucune envie de perdre de l'argent sur cette semaine, surtout au regard des investissements. Les sommes engagées sont colossales et obligatoires pour proposer des concerts de qualité. Par exemple, les sonos, quelles que soient les scènes, sont toutes de qualité, et je n'ai entendu aucun larsen. Personnel d'entretien, techniciens du son, agents de sécurité, tous ces besoins en homme se payent, en plus des besoins techniques. Et dans cette optique, le festival doit être rentable, et pour l'être, il doit pouvoir attirer le public en masse. Pour cela, les organisateurs ont invité autant de groupes qu'ils pouvaient dans le genre musical le plus populaire du moment. Vous l'aurez compris, il s'agit du métalcore.

Deuxièmement, les générators stages. Répondant à la même logique, ces derniers permettent à n'importe quel groupe de jouer quelques concerts aux rares badaux qui s'arrêteront. Moyennement le payement d'une somme forfaitaire correspondant à la location du groupe électrogène, ces groupes jeunes souhaitent se faire un nom, et la plupart s'imaginent y arriver en s'engouffrant dans la branche musicale également la plus en vogue. Vous l'aurez deviné, il s'agit encore une fois du métalcore. Tout le monde veut être le nouveau As I Lay Dying ou le nouveau August Burns Red, mais les places sont chères ... et déjà occupées.

... Mais propice aux découvertes !
Pour autant, ce festival fut l'occasion pour nous d'heureuses découvertes. Si l'évidence veut que la totalité des groupes jouant sur ces generator stages nous étaient inconnus, et sont pour l'essentiel retombés dans l'anonymat, il est des groupes qui ont laissé une empreinte vive dans notre souvenir. Nous avons ainsi pu découvrir le groupe Ocean Is Theory et discuter avec son chanteur concernant leur futur et leur recherche d'un label. Nous avons été aussi attirés par un groupe au nom francophone, La Dispute, qui nous a convaincus par la qualité de leur musique et de leur prestation scénique. Nous sommes repartis avec de nombreux albums en poche de groupes qui deviendront peut-être un jour célèbres, comme Second Thief, Special Delivery, Ocean Is Theory, Clocktower Showdown, The Glass Ocean, Ray Garisson ... Ce festival permet d'entendre d'intéressantes anecdotes. Nous sommes tombés par hasard sur le groupe Sign Of Tragedy qui joue, évidemment, du métalcore. Les gamins avaient à tout casser 17 ans mais étaient sacrément doués. Et pourtant ils ont failli ne pas venir, car il leur manquait deux membres. Ils ont en effet joué sans bassiste, et avec un seul guitariste. Heureusement, la peur du ridicule ne l'a pas emporté sur l'excitation de jouer leur premier cornerstone ! Résultat, leur première galette sera bientôt chroniquée sur Beehave. Et que dire pour terminer sur cette partie, du show joué par Nitengale, un soir à plus d'une heure du matin ? Ce groupe issu de l'Alaska sera notre véritable coup de cœur de la semaine, et aura été à l'honneur plus d'une fois depuis sur notre site. Ces derniers sont d'ailleurs sur le point d'accomplir quelque chose de grand, mais seul l'avenir nous dira si j'ai raison !

Petit match de Volley-Ball Pour se détendre : un petit match de Volley-Ball
Une vie en dehors de la musique
Pour ceux qui ne viennent pas que pour en prendre plein les oreilles, pour ceux qui sentent le moment venu de faire un break, ou quelle que soit la raison ou volonté, il est pratiquement possible de tout faire lors de Cornerstone. Chaque jour voyait son lot de conférences sur des thèmes aussi divers que variés et sans aucun rapport à la musique, des tournois de sports sont organisés (comme du volley-ball, visible sur l'image de droite), une plage est ouverte toute la journée permettant de se reposer - voire de se laver pour certains, sortant savon et shampoing, et deux énormes tentes sont dédiées aux tables de marchandises des groupes, labels, et partenaires. Il y en a pour tous les goûts, et c'est souvent l'occasion de discuter avec les membres de son groupe préféré. C'est d'ailleurs après avoir passé une heure avec des fans que nous avons rencontré le chanteur de Living Sacrifice, complètement blasé et visiblement lassé de répondre à des questions.

De bons moments en musique
L'honneur de conclure le festival en est revenu à As I Lay Dying, qui a commencé son set aux alentours de 22h le samedi soir. Un peu plus d'une heure après, leur performance était terminée, signant la fin de notre aventure ici. Au total, près de deux mille photos, des dizaines de kilomètres parcourus à pied, un nombre incroyables de groupes rencontrés, des interviews à la pelle, et surtout, des souvenirs plein les yeux.











 

Dernière modification le 18/07/2009

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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