Solid Festival 2009

Après un premier festival réussi à tous points de vue, la ville de Bulach, en périphérie de Zürich, avait le plaisir de recevoir la deuxième édition du Solid Festival. Celui-ci aura-t-il surpassé son prédécesseur ?

COMPLET TROIS SEMAINES A L'AVANCE
Au niveau du public, assurément. Le festival affichait même complet 3 semaines avant la date, avec seulement quelques billets restant à l'entrée ! "C'est le résultat d'une politique de communication aggressive", nous a déclaré Tom Liesch, l'un des principaux responsables du comité d'organisation, et le seul parlant parfaitement le français. "Nous avons envoyé près de 5000 courriers, à ceux qui sont venus l'année dernière, aux responsables d'églises, et ce dans toute la Suisse". Du coup, la Suisse Alémanique n'était plus la seule représentée, et si l'année dernière nous n'avions entendu qu'une paire de personne parler français, cette année un bon tiers du public s'exprimait dans la langue de Molière ! Et il n'y avait pas que des romands de présent, quelques Français s'étant frayés un chemin jusqu'au Stadthalle de Bulach.

Mais être complet ne va pas sans problèmes : une heure avant l'ouverture des portes, une centaine de jeune était amassée devant l'entrée  alors qu'il ne restait plus que 7 tickets ! Impossible d'en vendre plus, les assurances limitant le nombre de personnes dans la salle à 2000. Pour autant, aucun incident n'aura été déclaré, et il est probable que les déçus seront rentrés chez eux dans le calme.

DES CONCERTS JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT
La formule du festival était la même que l'année dernière. Les groupes défilaient sur la scène principale, en commençant par des locaux, et en parallèle se tenaient les "Talk Stages", ces sortes d'interviews publics auxquels les groupes étaient soumis devant une centaine de privilégiés (sur la base du premier arrivé, premier servi !).

Pendant que les groupes locaux se produisaient, nous sommes allés faire un tour dans les loges pour interviewer les groupes qui nous intéressaient; dans l'ordre : HB, Mojo & October Light, Pillar et Kutless pour terminer. C'était un avec un plaisir partagé que nous avons retrouvé ces derniers, après avoir fait leur connaissance lors du dernier Christmas Rock Night en allemagne. Les interviews enregistrés (celui avec Pillar fut très émouvant et sera à lire de toute urgence), nous nous sommes alors rendus devant la scène pour assister au spectacle qu'allait nous proposer Pillar. L'interview réalisé avec le chanteur m'avait à ce moment réconcilié avec leur musique, car étant fan de leurs deux premiers albums, j'ai par la suite assez déchanté au fur et à mesure que le groupe devenait de plus en plus commercial. Fireproof est le dernier album que je possède des américains, et les déclarations de Rob Beckley comme quoi leur dernier album Confessions sorti il y a quelques semaines (que j'avoue je n'ai pas écouté) était un vrai album de Pillar m'ont donné envie d'apprécier leur show, et dans tous les cas d'y prêter une grande attention. Malheureusement, rien n'a changé, Pillar est resté le Pillar de ces dernières années, et le changement de deux membres (basse et batterie) n'y aura rien changé. Pour autant, la faute peut en être déplacée sur l'ingénieur du son, coupable d'un abus de basse caractérisé : durant tout leur set, les oreilles seront remplies principalement de sonorités très grave et sourdes, étouffant quasi-intégralement le reste des instruments, y compris la voix. C'est exactement le même mal qui avait occulté la performance de Mammhut un an plus tôt.

Fort heureusement, cet écueil sera mis de côté pour la performance de Mojo & October Light, dont le son sera à la hauteur de la performance scénique. Comme l'année dernière le combo constitué des musiciens d'October Light et du chanteur des défunts OC Supertones à enflammé le public avec un mix de reprises des Supertones et de compositions originales. Le concert sera interrompu au bout de 3/4 d'heures par Mojo qui prêchera pendant cinq bonnes minutes devant des jeunes tout heureux d'entendre un chanteur leur parler de la sorte. On pourrait penser qu'il est difficile de succéder à une telle débauche d'énergie, mais Kutless un est habitué des scènes et les 70 minutes qui leur étaient allouées furent pleinement utilisées. Ayant sorti un album de louange il y a peu, leur set s'est divisé en trois parties : première rock, deuxième louange, troisième de nouveau rock. Bien efficace de bout en bout, le public s'est régalé.

FINIR EN BEAUTE
Dernier groupe à monter sur scène, HB n'a pas souffert du même syndrome que l'année dernière, double syndrome même lorsque Spoken n'avait pu jouer qu'une demi-heure suite aux retards successifs, et au fait que le public soit bien plus maigre à 1h du matin. Au contraire, peu de jeunes étaient partis au moment ou les finlandais ont commencé leur set, et répondront présent jusqu'à la fin, obtenant même deux rappels, dont un pourtant après l'heure du cesser le feu, pardon, du couvre feu d'1h30. Pourtant, en Suisse, l'heure c'est l'heure ! Les ayants déjà vus deux fois par le passé, ce concert aura été pour moi l'occasion de découvrir les nouveaux membres du groupe ; une jeune guitariste survoltée, bougeant d'un côté à l'autre de la scène, et qui avait probablement bu la canette de Red Bull de son néo-comparse tant ce dernier paraissait amorphe - sans pour être autant inefficace, bien entendu.

Alors, l'édition 2009 était-elle un meilleur cru que sa précédente ? Complet trois semaines à l'avance, plus grande diversité du public, on pourrait penser que oui. Mais ces chiffres sont à mettre en parallèle avec les groupes à l'affiche. Ormi les habituels locaux, les club des trois formé par Pillar, Kutless et HB, partage la même caractéristique, celle d'être des groupes commerciaux. Clairement dans l'air du temps, leur musique ne pouvait que plaire au public présent. On aurait aimé un peu plus de diversité et de prise de risque de la part des organisateurs, comme ils l'avaient fait avec Mammuth et Spoken l'année dernière. Mais on ne peut que leur donner raison, d'autant que le seul groupe à l'affiche des deux éditions, Mojo & October Light, fut le meilleur chaque année, avec son style intemporel.

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Concernant l'auteur

Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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