A la rencontre de Fieldy - Bercy 2010

Que de déboires, mais que de déboires pour rencontrer une star ! Outre la pratique du slalom entre les retards, les annulations, les reports ou les agents de sécurité difficiles, il faut une bonne dose de coups de bol, ne pas être trop regardant sur les heures à perdre, pour enfin simplement se soumettre à la disponibilité puis la volonté de la susdite star que vous risquez de royalement saouler avec vos questions après une longue journée d'interviews et de concert pas des plus glorifiants... Heureusement, l'histoire ne se termine pas trop mal sur la fin, voire même elle se termine plutôt par une jolie bénédiction ! Un grand merci à Manon, de Roadrunner Records, à Fieldy bien sûr, et bien sur à Celui qui nous a chapeauté tout ça à merveille !

a-la-rencontre-de-fieldyAvec Rob, on avait pourtant plutôt bien prévu le coup. Danko Jones ouvrait à 19h, suivi de près par KoRn et enfin Ozzy Osbourne, dont la réputation précédait de loin l'heure du concert. Pour faire large, dès 16h30 aux alentours de Bercy, on vadrouillait entre les premiers fans à se chercher un endroit pour finir de préparer notre rencontre et interview inespérée avec Fieldy, le bassiste de KoRn. Entre sa conversion, son livre témoignage et ses projets musicaux divers, les questions n'allaient pas manquer.

18h. Depuis une bonne demi-heure déjà, on erre d'une porte à l'autre, essayant de joindre le personnel de Roadrunner qui doit nous introduire auprès du groupe. Les informations précises tombent enfin et nous voilà à faire le pied de grue « porte 35 - VIP » au milieu d'une dizaine de fans jusqu'à la moelle qui attendent comme nous le fameux Meet & Greet prévu à ... 18h ! Soit une demi-heure auparavant environ. Ca promet ! Manon, du label, se donne toutes les peines du monde pour joindre sa patronne qui est avec la bande Kornesque, toujours en interview dans les studios de MTV, quelque part dans Paris. Il y aura beaucoup de retard semble-t-il. Elle multiplie les allers et retours pour glaner quelques infos et récupérer nos entrées, le tout avec une bonne humeur communicatrice. Alors oui on attend, mais tout de même, il ne s'agit pas de critiquer. Les gens se décarcassent pour nous et sont très ouverts et accueillants.

19H30. La nouvelle tombe : le groupe est enfin arrivé à Bercy. Toute la clique – une quinzaine de personnes – munie de jolis autocollants bleus « Meet & Greet » se dirige vers une entrée mais finalement pour une nouvelle déconvenue : KoRn jouant dans dix minutes, la rencontre est reportée à la fin du show. Quant à l'interview, il ne faut plus y compter.

On ravale notre déception pour foncer vers la salle (après tout de même encore un peu d'attente pour récupérer les places) et nous voilà enfin dans nos gradins P alors que Danko Jones écrasent leur derniers accords dans un Métal Punk qui semble avoir laissé la fosse stérile. Vingt nouvelles minutes de poirote, mais on commence à connaître, et enfin les premières notes de 4U résonnent dans un Bercy à moitié vide. Ray Luzzier commence à caresser ses cymbales quand Munky investit la scène tout de blanc vêtu, une capuche sur la tête, avec sa guitare sept cordes resplendissante. Suivent assez vite Fieldy et Jonathan, ce dernier arborant la tenue de sport des premiers temps du groupe. A peine le temps de réaliser ce qui se passe que le riff de Right Now explose dans la salle. Ça promet.

Malheureusement, c'en n’est pas fini des déceptions, en tout cas pour moi, et je ne dois pas être le seul dans la salle : les californiens ne sont pas en terrain conquis, on va vite s'en rendre compte, et j'imagine qu'à regret, eux aussi. Quelques mains se lèvent dans la fosse, mais à part ça, on se croirait à un concert de pop. Public froid, distant, désintéressé. Je regrette alors amèrement d'être coincé dans mon gradin, presque obligé de rester assis à un concert de KoRn !

Here To Stay, la deuxième chanson, vient confirmer les craintes. Cette chanson, dont le refrain a fait chanter pendant des années tous les publics du monde, fera à Bercy un bide assez déroutant... La suite du set ne relèvera qu'assez peu le niveau. Je finis enfin à me retrouver à quelques mètres de la scène pour voir que l'ambiance n'est pas non plus des plus joyeuses. Clairement, on est venu ce soir pour Ozzy, ou on n'est pas venu... Après tout juste sept morceaux, KoRn conclut un set sans rappel, sans appel non plus malheureusement. La foule se disperse, abandonnant à leur solitude les quelques fans qui osent encore crier le nom de leur groupe préféré, restés sur leur faim avec Got The Life.

Le groupe, pourtant, a fait une plutôt bonne performance ! Oildale, le titre phare de leur dernier album, est une véritable bombe sur scène. D'autant qu'au milieu du concert, Fieldy et Ray se paient le luxe d'échanger quelques solos qui ont de quoi combler les oreilles. Sorti de là, en revanche, et bien... Il n'y a plus qu'à espérer que le groupe revienne rapidement pour un public moins ingrat !

Peu après, nous voilà avec toute l'équipe du Meet & Greet entassés dans un couloir des coulisses. Quand on veut rencontrer un groupe, la position de fan n'est pas des plus glorieuse. On s’entasse les uns à la suite des autres comme du bétail, il ne faut pas bouger mais attendre. Attendre. Attendre. Le batteur vient finalement signer quelques autographes et discuter un peu avec nous, puis c'est le tour de Munky, dont l'ébriété avancée fait de la pein plutôt qu'imposer le respect. Encore un peu plus tard, alors que les murs tremblent parce qu'Ozzy a commencé son show, se pointe à l'extrémité du couloir celui qu'on attendait. Rob déploie tous ses talents de persuasion pour convaincre Fieldy de nous accorder ne serait-ce que deux minutes d'interview. Il hésite un temps, l'air ennuyé, puis se décide à nous accorder cinq minutes d'interview, pas une seconde de plus.

Cinq minutes... Qui en deviendront un peu plus de vingt ! Ce gars là est incroyable : il est la paix et la sympathie incarnées. Rendus tendus par nos déboires, il a tôt fait de nous mettre en confiance et répond sans compter à la quasi totalité de nos questions, avec franchise et maturité. Je bois ses (longues) paroles avec avidité. Fieldy est détendu, paisible, heureux. La paix en son cœur s'affiche sur son visage, mais plus encore a le don incroyable de se répandre autour de lui à flots. Par sa simple façon d'être, ce type est un bol d'air frais (lire l'interview complète ici).

Manon et Karine, du label, nous retrouvent tout étourdis après cette interview mémorable pour nous reconduire jusque dans la fosse où du haut de ses 62 ans, Ozzy enchaîne les gros titres et les reprises de Black Sabbath. Bien qu'il ne tarisse pas de rappels, de jeux de scène, et de dialogues avec le public, on sent qu'il a vieilli. Autour de lui, les musiciens virtuoses sauront nous faire oublier les difficultés de cette longue soirée pour encore près d'une heure et demie de solos époustouflants.

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