For Today @ Pratteln - 31/10/2016

Lorsque For Today a annoncé que le groupe allait s'arrêter après une tournée mondiale d'adieu, le premier réflexe de beaucoup aura été de regarder les dates de concert annoncées pour repérer le lieu le plus proche d'eux. Et comme la France a été une nouvelle voix ignorée par un groupe américain, c'est vers la Suisse et la ville de Prateln dans la banlieue de Bâle que l'on a du se rendre pour voir une dernière fois la bande à Mattie sur scène.

Vu le prix des places (+ de 30€), il aurait pu être sympa que cette date soit accompagnée de premières parties justifiant le déplacement. Et jusqu'à huit jours du concert, c'était le silence le plus assourdissant qui régnait à ce sujet, avec aucune information n’ayant été dévoilée. Personne ne savait qui jouerait en premier, s'il y aurait plusieurs groupes, s'il n'y aurait qu'un bon gros concert de For Today qui jouerait alors pendant 2h. Rien, jusqu'à l'annonce qui modifia grandement la soirée et permis de comprendre le pourquoi du secret : Adieu For Today, bonjour Nothing Left ! Les frères Leitru, guitaristes et bassistes du groupe, ont formé un nouveau groupe avec l'aide de l'ex-chanteur de A Bullet For A Pretty Boy, enrolé le batteur de Silent Planet et enregistré un EP de six titres, et se produiront en première partie de toute la tournée européenne de For Today, accompagnés d’un groupe anglais inconnu.

C’est donc un nouveau départ vers Mulhouse pour récupérer Guillaume, Rachel et Ben-j, et nous voilà à la frontière Suisse être obligés d’acheter la fameuse vignette, pour ensuite prendre la direction de Pratteln, bien aidés par un GPS fort serviable. La salle de concert se trouve être cachée dans une zone industrielle, et l’accès est contrôlé par des vigiles ne laissant, à cette heure tardive, que ceux allant au concert. Première surprise : le parking n’est pas des plus grand, mais en plus, il est raboté par des plots interdisant l’accès aux parking visiblement réservés aux entreprises entourant la salle de concert. On compte en tout une trentaine de voiture, et on se demande bien où s’est garée la meute de fans du groupe.

Une fois rentré dans la salle, la réponse est simple et saute aux yeux : ils se sont garés au même endroit que nous. Il y a moins de cent personnes présentes dans le grand hangar, et bien qu’on soit en Suisse, et que l’heure c’est normalement l’heure, le concert n’a toujours pas commencé, 20’ après le début du programme. Nous avons donc tout le temps de nous rapprocher de la scène, et de tenter de pallier à la deuxième surprise de la soirée : pas de pass photo (visiblement un petit mic-mcac quelque part), donc pas d’accès à la fosse photographe, qui est donc réservée à  …. Un seul photographe accrédité. Pas grave, vu qu’il n’y a personne ou presque, prendre des photos ne sera pas un combat de tous les instants pour éviter de se faire écraser par une fosse trop énervée et nombreuse.


La salle du Z7, vide, et le bar

Enfin de l’agitation sur la scène, et les frères Leitru s’avancent avec leurs guitares, accompagnés de leurs acolytes, et du batteur de For Today qui s’installe derrière les fûts. Le chanteur arrive, en mode bûcheron, présente brièvement le groupe, et c’est parti pour le premier titre. Le groupe n’avait dévoilé qu’un seul titre, et seulement quelques jours avant le concert, et ce n’était pas assez pour avoir une bonne idée du style musical joué par le groupe. Si les groupes gardent rarement la même empreinte sonore sur scène, c’est encore plus difficile pour un groupe qui revendique une existence aussi jeune, et dans le cas de Nothing Left, ça se voit. On a l’impression d’assister à une répétition du groupe, la présence scénique se limite aux courts déplacements du chanteur, les guitaristes sont figés devant leur retour, et c’est finalement le batteur qui semble se dépenser le plus.

Evidemment, tout cela est excusable. Etonnant, mais excusable, il n’est pas difficile d’imaginer que les créneaux pour jouer ensemble doivent être fortement limités vu que les frères Leitru sont bien occupés avec la tournée d’adieu de For Today. Pour autant, leur prestation révèle donc sans ambiguïté le style du groupe : Nothing Left est un groupe de hardcore pas vraiment brutal, mais plutôt léger, teinté de métal, avec une absence quasi totale de fioritures, de riffs, voire même de breakdowns.

Après seulement six titres joués en à peine vingt minutes, accompagnés de quelques invitations à faire des circle pits n’ayant pas vraiment trouvé d’écho, le groupe en avait terminé de sa prestation, et nous nous sommes retrouvés à discuter avec le chanteur peu de temps après pour convenir d’un créneau d’interview, qui aura lieu au moment du début du deuxième groupe. Histoire du groupe, signature avec le label, perspective d’avenir, nous avons parcouru un large éventail de sujets avec l’ancien chanteur de A Bullet For A Pretty Boy, qui avait des étoiles dans les yeux de se trouver en tournée européenne.


Quelques photos de Nothing Left

Tout aussi gentil qu’il était, on entendait bien pendant l’interview que ça tapait pas mal sur scène, alors une fois l’interview terminée, on est vite faits aller jeter un oeil et autant d’oreille pour admirer Loathe, le groupe anglais inconnu. Bonne surprise, ça groove bien, ça brasse assez large niveau styles, même si la base reste du métalcore. Pour sûr ça contraste avec ce qui a été entendu avant, et surtout après, mais les quelques chants entendus ont évoqué des similitudes avec Skindred et Bring Me The Horizon entre autres, et c’est plutôt une bonne chose. Malheureusement, les originaires de Liverpool et Manchester n’ont joué que 30’, et nous n’avons pu admirer que deux titres et demi.

Mais on se rassure, car le groupe que nous étions venus voir va s’avancer sur scène, et on devrait en avoir plein les yeux.

La dernière fois que nous les avions vus, c’était lors du CRN 2014. Mattie était arrivé en tenue de combat, avec gilet pare-balle et avait lâché un prêche au milieu du set qui avait fait dire à une consoeur hollandaise qu’elle n’avait “jamais eu aussi peur de Jésus” (sic). Les lumières avaient été éteintes, et les membres du groupe étaient arrivés progressivement avec une musique faisant clairement monter la sauce, pour au final jouer plus d’une heure devant un public complètement conquis à sa cause. Si les lumières se sont bien éteintes, elles se sont vites rallumées alors que seuls les musiciens étaient présents, et encore en train de se préparer. Mattie arrive, avec son nouveau look à la Zack De La Rocha, et voici le groupe qui commence avec un petit “Break The Cycle” qui surprend par son choix, le titre n’étant pas le plus explosif de la discographie du groupe, mais il fait l’affaire pour commencer les choses en douceur.

Tout le contraire de “Foundations” qui déclenche sa vague d’hystérie habituelle dans la fosse, comprendre que ça se met à mosher de partout, et vu qu’il y a e la place, les Suisses s’en donnent à coeur joie. Molotov et Seraphim continuent d’explorer la discographie du groupe et d’alimenter le public en énergie, et Mattie se permet de demander des circle pits qui seront suivis d’effet. Les “Oh take your flame ignite the world” (voir la courte vidéo ci-dessous) sont repris à tue-tête autour de nous, et le groupe continue sur sa lancée avec “Fight The Silence”.

Puis Mattie se met à parler, on s’attend à un prêche, mais il répète ce qu’il a dit au début du concert : que le groupe s’appelle For Today, que c’est leur dernière fois en Suisse, et qu’il leur reste encore deux chants. Whaaaat ? Ils jouent depuis 30’ et il leur reste encore deux chants ? Il y a un couvre feu à 22h en Suisse ou bien ? Mais ce n’était pas une surprise : après avoir joué “Pariah” et “Devastator”, le groupe dit au-revoir à tout le monde et quitte la scène.

De timides “One more song” sortent du public, et il n’en faut apparemment pas plus au groupe pour revenir faire un encore. Evidemment c’est scripté, et le groupe n’ayant pas joué “Fearless”, il semblait impossible qu’il dise au revoir sans avoir joué probablement le meilleur titre qu’ils aient jamais composé. Et voilà, 43’ après être monté sur scène, le groupe fait ses adieux définitifs à un public qui n’est même pas surpris. 10’ après la salle est vide, mis à part quelques irréductibles gaulois qui tentent d’obtenir des photos et quelques autographes auprès d’un des frère Leitru resté pour ranger le matériel.

Heureusement pour nous, la soirée n’est pas complètement terminée, et il nous reste à interviewer une dernière fois Mattie, du moins pour le compte de For Today. L’interview est à retrouver ici, et quand à nous, malgré le temps total de concert hallucinament court, nous sommes contents d’avoir fait le déplacement. Faire des photos avec Mattie a un prix, visiblement. Lui dire au-revoir aussi. On aurait quand même aimé qu’il enlève sa serviette de sa tête pendant l’interview, mais ça fait partie du charme américain, on va dire.

>> Lire l'interview de Mattie
>> Voir les photos de Nothing Left

Dernière modification le 24/11/2016

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Jérémie

Créateur de Beehave en 2007 avec Christelle qu'il épousera un an après, Jérémie apprécie toutes les formes du rock, surtout celles qui contiennent de la double pédale et de la saturation. Né à l'époque des pattes d'eff, il apprécie aussi tout particulièrement le glam, le thrash et le power métal, même s'il se fait chambrer à cause de ça par ceux qui sont nés dans les années 90. Et papa depuis 2015 :-)

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