August Burns Red @ Le Petit Bain (Paris) - 28 août 2017

Il y a dix ans sortait Messengers, un album qui confirmait le talent d’August Burns Red et donnait une ampleur inédite à cette formation devenue aujourd’hui un des leaders de la scène métalcore. Pour célébrer cet anniversaire si marquant dans l’histoire du groupe et pour les fans, la bande de Jake Luhrs a réalisé une impressionnante tournée où, chaque soir, l’album était joué en intégralité. Ce lundi 28 août, nous étions pour Beehave à la toute dernière date de la tournée européenne, au Petit Bain de Paris !

La date unique en France – et pour une salle d’assez petite envergure – affichait bien sûr SOLD OUT depuis quelques jours déjà, malgré la fin du mois d’août et le choix risqué du lundi soir, et une file assez importante de fans s’attroupait dès 18h30 devant la péniche du Petit Bain, sur les quais de Seine, quand nous sommes arrivés sur place. Le temps d’une courte interview avec le sympathique Matt Greiner, batteur d’August Burns Red, et la salle ouvrait à 19h30 pétantes pour le show d’Oceans Ate Alaska. Ce groupe de Birmingham distille un Metalcore teinté de Deathcore, avec tout de même quelques éléments mélodiques et des atmosphères qui pourraient rappeler un Bring Me The Horizon des débuts ou plus récemment Asking Alexandria. L’ambiance est intéressante, les musiciens démontrent une technicité plutôt maîtrisée, surtout avec le jeu impressionnant du batteur ou les growls très lourds du chanteur qui les a rejoint l’année dernière, Jake Noakes. La salle n’est pas encore comble, mais le public répond bien aux attaques sonores du groupe assez dynamique, et le Mosh Pit s’anime déjà sur des titres qui semblent connus de toute la fosse. Personnellement, je reste tout de même sur ma faim. En live comme sur album, Oceans Ate Alaska a une propension assez forte aux breakdowns très lents et très profonds, qui rendent la musique beaucoup trop décousue à mon goût, cassant l’intensité et la cohérence de l’ensemble. On relèvera quand même quelques titres plutôt fun comme Drunk In Love, une reprise de Beyoncé, ou encore Escapist, tiré du dernier album Hikari et sur lequel le groupe achève son set pour laisser la place à August Burns Red.

Ces derniers envahissent la petite scène quelques minutes plus tard après une introduction musicale pour le moins surprenante et donnent assez vite la couleur d’un set qui sera… Chaud et humide. The Truth of a Liar, le premier titre de l’album Messengers part en trombe, ravageant immédiatement une fosse extatique aux lèvres accrochées à celles du chanteur, suivant chaque phrasé avec une pieuse fidélité tout en pogotant à tout va. La température monte assez vite dans la péniche et les titres s’enchaînent avec férocité, enjoignant le public à libérer sans faillir une énergie exutoire et brutale qui collent de larges sourires sur toutes les faces. A l’issue du célèbre Back Burner, les lumières et les sons s’éteignent tout à coup et l’on entend plus que Matt Greiner frapper ses fûts, dans le fond de la scène : l’électricité vient de tomber et la péniche se retrouve plongée dans le noir. Le temps pour les parisiens de réaliser ce qui leur arrive, tout dégoulinants de sueur, encouragés par la bonne humeur communicative et le son puissant d’August Burns Red : « Heavy music for happy people » peut-on lire sur les Tee-Shirts en vente au Merchandising. JB, le guitariste et principal compositeur du groupe, profite de la fin de la panne pour dire quelques mots de remerciements chaleureux. « En trois chansons vous avez réussi à péter le bateau, vous êtes incroyables ! ». La pause est de courte durée, et voilà le groupe reparti dans son voyage vers le passé, disséquant avec perfection et classe chacun des titres d’un album qui en son temps a fait frémir bien des oreilles. « Il y a dix ans, on a fait notre premier concert à Paris, sur une péniche un peu plus loin sur les quais [ndlr : le Batofar]. Qui était là déjà à l’époque ? », plusieurs mains se lèvent. Le climax est probablement atteint sur le titre Composure, une des chansons phares du groupe tant pour la musique que les paroles pleines d’espoir qui semblent résonner dans bien des têtes et briller dans bien des regards. Pour un concert qui parachève une tournée longue et probablement éprouvante à travers toute l’Europe, la présence des musiciens est impressionnante et tant leur aisance technique que leur confiance expérimentée rappelle combien le chemin qu’ils ont parcouru ces dix dernières années est mérité et toujours prometteur pour la suite. « Quand le tourneur nous a prévenu que Paris n’était pas prévue pour la tournée Messengers, on a répondu « c’est mort, il faut rajouter une date, on doit y aller. ». Et August Burns Red aura eu de la part du public parisien ce qu’ils sont venus chercher : une belle communion effrénée ou les Circle Pits font suite aux Walls of Death sans concession, pour conclure cette agréable madeleine de Proust par le très bon titre Redemption.

Le groupe quitte la scène un instant, eux aussi accablés de la chaleur qui règne dans la salle, mais très vite Matt revient s’installer derrière sa batterie et se lance dans un solo très rythmé, accompagné par le bassiste qui pour l’occasion s’est installé en avant-scène avec trois toms et deux cymbales. Ce duo de batteries insoupçonné captive l’assemblée qui en redemande, mais déjà les premières notes d’Invisible Enemy retentissent dans la salle. Le titre est tiré du nouvel album Phantom Anthem qui sortira début octobre. Ce premier extrait, publié avec un clip ultra-novateur il y a quelques semaines, met finalement la barre bien plus haute que Messengers, témoignant s’il le fallait encore de l’immense référence Metalcore qu’est devenu August Burns Red. La musique est à la fois plus élaborée et plus puissante encore, et l’on sent dans la bande une sorte de fierté et de plaisir immense à jouer ce nouveau matériel, résolument tournée vers la suite alors qu’ils concluent cette tournée d’anniversaire, comme tournant définitivement une page pour s’attaquer de pied ferme à ce qui vient. Le groupe nous laissera finalement avec Ghosts et White Washed, ravis et comblés d’une soirée qui fait pleinement honneur à leur belle carrière… A très vite, on l’espère !

Setlist :

  • The Truth of a Liar
  • Up Against the Ropes
  • Back Burner
  • The Blinding Light
  • Composure
  • Vital Signs
  • The Eleventh Hour
  • The Balance
  • Black Sheep
  • An American Dream
  • Redemption
  • Drum Solo
  • Invisible Enemy
  • Ghosts
  • White Washed

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